‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 294 sur 563 · CHAPITRE CINQUIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. m

ou l'un avec l'autre durant leur exil1. Avant leur départ, ils obtinrent chacun quelques faveurs du roi, et en particulier la permission par lettres patentes de nommer des procureurs pour prendre possession des héritages qui pourraient leur survenir en leur absence, quoiqu'ils ne pussent pas actuellement prêter hommage ni jurer fidélité. Hereford se rendit à Paris : Norfolk, après une courte résidence en Allemagne, visita Jérusalem, et à son retour mourut de chagrin à Venise2 [29 sept. 1399].

Richard triomphait de tous ses ennemis. Le dernier des lords appelants avait été banni ; et ses oncles môme, par affection ou par crainte , secondaient toutes ses mesures. Il avait atteint ce qui semble avoir été pendant quelque temps l'objet principal de sa politique : il s'était mis au-dessus des lois. L'octroi d'un subside à vie l'avait affranchi de la nécessité de convoquer son parlement ; à l'aide de son comité, dont les membres se montraient les ministres obséquieux de sa volonté, il pouvait rendre les nouvelles ordonnances qu'il lui plairait ; et une déclaration anté» rieure des deux chambres , portant qu'il était aussi libre qu'aucun de ses prédécesseurs, fut interprétée de manière à le dégager des obligations imposées par les statuts qu'il regardait comme hostiles à la prérogative royale. Mais il avait perdu la popularité qu'il avait acquise dans les dix dernières années ; et la sécurité à laquelle il se livrait le poussa à d'autres actes de despotisme, qui le conduisirent inévitablement à sa perte. Il se procura de l'argent par emprunts forcés ; il obligea les juges à expliquer les lois selon ses préjugés ou son caprice ; il contraignit les anciens partisans de Gloucester a acheter et à racheter des chartes de pardon ; et afin d'obtenir une moisson plus abondante d'amendes et d'amercîments, il mit à la fois dix-sept comtés hors la protection de la loi , sous prétexte qu'ils avaient favorisé ses ennemis dans la rencontre de Radcotbridge. [3 fév.] Le duc de Lancaster ne survécut pas plus de trois mois au bannissement de son fils ; et l'exilé s'attendait à hériter par ses procureurs des vastes domaines de son père. Mais Richard découvrit alors que son bannissement, comme mise hors la loi, le rendait incapable d'hériter d'aucune propriété. [18 mars.] Dans un grand conseil, dont le co-

1. Rot. Pa W. 383, 384. Je me suis étendu sur ces sentences, parce qu'elles expliquent pleinement les causes de cette disparité que quelques écrivains modernes n'ont pu comprendre. Les raisons du bannissement de Norfolk sont probablement les réelles ; celles du bannissement de Hereford ne paraissent pas telles. Le roi lui envoya à Calais un présent de 1000 marcs. Pell Records, 368.

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