‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 295 sur 563 · Ibid. 372, 385. Rvm. vm · texte numérisé non relu

Ibid. 372, 385. Rvm. vm

mité du parlement faisait partie , on soutint que les lettres patentes octroyées à lui et à son antagoniste étaient illégales, et par conséquent nulles; et on fit jurer à tous les membres présents de maintenir cette décision1. [23 avril.] Henri Bowet, qui avait obtenu les lettres patentes pour le duc de Hereford, fut même condamné pour ce délit imaginaire à subir la peine de la trahison ; mais à cause de sa bonne réputation, on lui fit grâce de la vie, a condition de quitter pour jamais le royaume2. Cette mesure inique paraît avoir épuisé la patience de la nation. Henri (a la mort de son père il avait pris le titre de duc de Lancaster) était depuw longtemps l'idole du peuple ; et le concours volontaire des milliers de personnes qui raccompagnèrent à son départ de Londres, aurait dû avertir le roi de rapproche du danger. Le sentiment de leurs propres injures avait éveillé en elles un esprit de résistance; la nouvelle injustice faite à leur favori le leur désigna pour chef. On tint des consultations ; on forma des plans ; on sonda les dispositions des grands seigneurs ; et toute la nation parut en fermentation. Cependant ce fut en ce moment si gros de péril que le monarque infatué se détermina à quitter son royaume. Son cousin et héritier, le comte de March, avait été surpris et tué par un parti d'Irlandais [1398] ; et dans son ardeur à venger la perte d'un parent , il dédaigna l'avis de ses amis , et ferma volontairement les yeux sur les desseins de ses ennemis.

Après avoir nommé son oncle, le duc d'York, régent en son absence, le roi entendit une messe solennelle à Windsor, chanta lui-même la collecte, et fit son offrande. À la porte de l'église, il prit du vin et des épices avec la jeune reine ; et l'enlevant dans ses bras, il l'embrassa plusieurs fois, en disant : «Adieu, madame, adieu, jusqu'au revoir. » De Windsor, accompagné de plusieurs seigneurs, il se rendit a Bristol, où des rapports de complots et de conspirations lui parvinrent et furent reçus avec mépris. [29 mai.] 11 rejoignit son armée à Milford-Haven, et s'embarquant sur une flotte de deux cents voiles , il arriva en quelques jours [31 mai] au port deWaterford. Son cousin, le duc d'Albemarle, avait reçu l'ordre de le suivre avec cent voiles de plus ; et trois semaines se passèrent à attendre ce seigneur, dont le délai fut ensuite attribué à une secrète intelligence avec les ennemis du roi. Enfin Ri-

1. Rot. Pari. 372, 373. Ici encore le roi fit appel au peuple qui témoigna son assentiment en levant les mains. Quelle chose feust faite et assentuz par tout le poeple esteante en présence du roy. Ibid.

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