CHAPITRE CINQUIÈME
une fois aux communes, « rétablissement de ma maison, tant que je la soutiens sans vous demander assistance 1 ? ». Ses malheurs peuvent être plus justement imputés a son extrême jeunesse lorsqu'il monta sur le trône, et aux précautions prises par sa mère et les amis de sa* mère pour déjouer les desseins supposés de ses oncles. Par la on lui aliéna les princes de son sang, dont l'orgueil refusa de faire la cour a un enfant, et s'en voyant négligé, il fut forcé de porter son affection sur ses ministres et sur ses compagnons 2. Il s'ensuivit des jalousies et des rivalités qui aboutirent à la célèbre commission du gouvernement, et a la perte, peutêtre non méritée dans l'origine, des favoris du roi. Quand le roi eut recouvré l'exercice de son autorité, il régna comparativement tranquille pendant longtemps ; mais sa conduite dans les vingtunième et vingt-deuxième années de son règne trahit une telle soif de vengeance, une telle habitude de dissimulation, des idées de gouvernement si despotiques et un projet si arrêté de régner sans contrôle, qu'aucun lecteur ne saurait être supris de la catastrophe qui survint. On peut, sans doute, détester les pièges perfides qui lui furent tendus; on peut sympathiser "avec lui dans sa prison, et condamner la politique qui plus tard le priva de la vie; mais en même temps il faut reconnaître qu'il mérita d'être abandonné par le peuple dont il avait foulé aux pieds les libertés, et de perdre l'autorité qu'il avait cherché à élever au-dessus des lois et de la constitution de son pays.
1. Rot. Pari. 339. Richard paraît d'après son testament avoir place plusieurs sommes, lui appartenant personnellement, et s' élevant à 91,000 marcs, en divers lieux de sûreté. Ryra. vm, 77.
2. Qil plese au Roy attrere a li gentz destat et de bien et de honeur, et cornuner ovesqes eux et eschuire la comimignie dautres. > Avis de son conseil à lui. Acts of Coun. i, 86.
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