Rym. vin
environs, et à minuit attaqua les quartiers des comtes de Kent et de Salisbury. Toutes leurs tentatives d'évasion furent repoussées par les archers postés dans la rue, et après une défense de six heures, ces infortunés seigneurs furent obligés de se rendre. On les conduisit à l'abbaye ; mais un incendie, qui éclata dans la soirée du lendemain, fut attribué h leurs partisans, et au milieu de la nuit ils furent tirés de leur prison et décapités par la populace1 [7 janvier]. Les lords Lurnley et Despencer avaient poussé en avant; mais les citoyens de Bristol leur firent subir le même sort [9 janvier]. Le comte de Huntingdon fut pris dans le voisinage de Londres et mis à mort à Pleshy par les tenanciers du feu duc de Gloucester, a la suggestion de la comtesse de Hereford, l'aînée a>s filles de Gloucester 2. Sir Thomas Blount, sir Bennet Shelley et dix-huit autres furent exécutés dans le Greenditch à \ Oxford; Feriby et Maudelin, chapelains de Richard, le furent à Londres3. Indépendamment de ces derniers, deux autres ecclésiastiques d'un rang plus élevé, Walden et Merks, avaient été choisis pour victimes. Walden, qui, le lecteur se le rappellera, avait succédé h l'archevêque Arundel, était descendu de ce siège
1. Hot. Pari, iv, 18. Wals. 303. Les femmes paraissent avoir servi activement la cause du roi , qui , pour récompenser les habitants de Cirencester, fit un don annuel de quatre daines et d'un muid de vin aux hommes, et de six daims et d'un muid de vin aux femmes de cette ville. Rvm. vin, 350.
3. On a douté qu'il eût été mis à mort à Pleshy, parce qu'il existe un ordre au connétable de la Tour de le recevoir prisonnier le 10 Rym. vin, 130). Mais il est probable qu'il fut massacré par le peuple avant que l'ordre ne fût exécuté. Suivant Walsingham, il fut mis dans la maison de la porte de Pleshv, et de là conduit à la mort. Wals. .303.
3. Afin que le lecteur puisse se faire une idée de la manière barbare dont se faisaient les exécutions pour trahison, je rapporterai celle de sir Thomas Blount dans les termes d'un écrivain contemporain : — « Il fut pendu ; mais on coupa bientôt la corde, et on le tit asseoir sur un banc devant un grand feu, et le bourreau vint un rasoir à la main, et s'agenouilla devant sir Thomas, dont les mains • étaient liées, le priant de lui pardonner sa mort, attendu qu'il devait faire son office. Sir Thomas demanda : « Etes-vous la personne chargée de me délivrer de ce monde?» Le bourreau répondit : « Oui, monsieur; je vous prie de me pardonner, r- Et sir Thomas le baisa et lui pardonna sa mort, lie bourreau s'agenouilla, et lui ouvrit le ventre et lui arracha incontinent les boyaux au-dessous de l'estomac , et attacha le reste avec un cordon , afin que le vent du cœur ne pût s'échapper, et jeta les boyaux dans le feu. Alors sir Thomas était assis devant le feu, le ventre ouvert, et ses boyaux brûlants devant lui. Sir Thomas Erpvngham, chambellan du roi, insultant Blount, lui dit en dérision : * Allez chercher un maître qui puisse vous guérir. » Blount se contenta de répondre : « Te Deum laudamus. Beni soit le jour où je naquis, et béni soit ce jour-ci, car je mourrai au service de mon souverain seigneur, le noble roi Richard. » Le bourreau s'agenouilla devant lui, le baisa d'une humble manière, et bientôt après il lui coupa la tète et le divisa en quartiers. » Relations , etc. Ms. p. 233. Les têtes des lords et autres, exécutés alors, furent envovées à la capitale, et exposées sur le pont de Londres. Fabyan, 568.