CHAPITRE SIXIÈME. H>'J
au rappel de ce prélat, et restait évêque sans évêché1. Merks, évêque de Carliste, que nous avons laissé détenu a Saint-Albans, avait été délivré à la sollicitation du pape. [10 janvier.] Ces deux prélats furent arrêtés comme complices de la dernière conspiration, et furent enfermés a la Tour. VValden eut le bonheur de convaincre le roi de son innocence; et non-seulement obtint sa liberté, mais fut promu, sur la recommandation du primat, au siège de Londres. Mais Merks avait offensé trop grièvement auparavant pour espérer merci, ou peut-être justice, aujourd'hui. [28 janvier.] 11 fut jugé, convaincu et condamné à subir la mort <Pun traître. Le pape, pour rarracher des mains de son persécuteur, l'avait déjà transféré a Tévêché lointain de Céphalonie dans nie de Samos. [15 mars.] Mais Henri refusa de renoncer à satisfaire sa vengeance, et insista pour que le prélat fût dégradé de ses ordres préalablement à son exécution. Heureusement cette demande occasionna un moment de répit; le pape traîna l'affaire on longueur : la colère du roi se calma par degrés ; et enfin, pour complaire au pontife, Henri signa le pardon de Tevêque [28 nov. J. Merks finit même par obtenir la faveur du primat et du monarque. Le premier le nomma son commissaire, Vautre lui accorda une promotion. Il mourut recteur de Todenham, dans le Gloucestershire, en l/t092.
Tel fut le résultat de cette conspiration prématurée et mal concertée : elle affermit le trône du nouveau roi. Mais il avait encore ;i craindre l'hostilité d'un dangereux adversaire, le roi de France, qui avait été profondément offensé de la déception dont Henri avait usé envers lui, à son départ de Paris, et qui se croyait obligé, par honneur aussi bien que par affection, à épouser la cause de sa fille et de son gendre. Il eut d'abord l'intention d'envoyer des ambassadeurs au parlement 3 [31 oct. 1399] ; mais ce dessein fut bientôt abandonné; son peuple se prononça en faveur de la guerre : des offres de service militaire furent faites 4, et des corps
1. Le pape avait déclaré nulle la translation d'Arundel à Saint- Andrews, parce qu'elle avait eu lieu sans le consentement d'Arundel. AcU of Coun. i, 115.
2. Rvm. ni. 124. Acts of Coun. i, 116, et troisième lettre de Kennel à l'évèque de Carlisle, 1713.
3. Je tire cette conclusion de la lettre de sauf-conduit signée par Henri, le 31 octobre, pour quatre individus qui y sont nommés, et qu'il apprenait que son cher cousin de France avait l'intention d'envoyer en ambassade vers lui. Il est clair que ce sauf-conduit n'avait point été demandé formellement ; cependant on avait du lui donner à entendre qu on l'accepterait probablement : sans quoi il n'y eût pas inséré les noms mêmes des envoyés projetés. Voyez Rym. vin, ÎM.
4. Dans le Thrésor des Charles est la promesse des cités et villes de Nor-
d'hommesarmés marchèrent versla côte. Afindcdétournerl'orage qui menaçait, Henri nomma des commissaires pour traiter avec Charles delà confirmation de la trêve existante, et de mariages entre des membres de sa famille et de la famille royale de France ». Ils se rendirent à Calais ; et un héraut partit en hâte pour la capitale afin de solliciter un sauf-conduit pour les ambassadeurs du roi d'Angleterre ; mais Charles répondit par un refus péremptoire : — il ne connaissait d'autre roi d'Angleterre que son gendre Richard. Henri ne vit plus d'autre chance que la guerre; et ne voulant pas risquer sa popularité en demandant une aide a la nation, il convoqua un grand conseil de pairs [9 février 1400], mit sous leurs yeux les preuves des dispositions hostiles manifestées par le monarque français, et obtint d'eux un engagement, par lequel les lords spirituels lui accordaient un dixième de leurs biens meubles pour la guerre, et les lords temporels leur service personnel a leurs frais, avec un certain nombre d'hommes pour trois mois2. Ces précautions toutefois se trouvèrent inutiles; car, sur ces entrefaites, Charles avait reçu une nouvelle qui ne lui permit point de douter de la mort de Richard [29 janvier]. Toute idée de guerre fut abandonnée à l'instant : il n'y avait plus de raison de se battre; et en conséquence il signa un acte portant qu'il ne romprait point la trêve qui avait été conclue du vivant de son cher fils Richard, roi d'Angleterre, de l'âme duquel il priait Dieu d'avoir merci; il expédia Blanchet, maître des requêtes, a Calais pour demander la restitution de sa fille Isabell^^sa dot et ses joyaux; et nomma des commissaires pour trnjBnnais sur ce sujet seulement, avec les commissaires anglal^uelque part entre Boulogne et Calais3 [19 février]. Henri renouvela immédiatement les pouvoirs de ses envoyés à Calais pour les mêmes objets qu'auparavant, mais avec cette différence, que Charles, qui était dans le premier instrument son très-cher cousin, est dans celui-ci « son adversaire de France4. » Depuis le jour où Richard avait été plongé dans une prison se-
mandie d'entretenir pendant dix semaines quatre mille hommes d'armes et vingt mille fantassins ; et on y trouve des promesses semblables des seigneurs, chevaliers et écuyers de la même province Thrés. p. 258.