Wals. 405. Otterb. 288. Froissart. Hardyng
prince? Il est rare qu'on laisse transpirer les secrets des prisons : dans la circonstance actuelle, nous sommes entièrement réduits à des conjectures. Richard peut fort bien être mort de maladie dans son lit : les événements qui précèdent immédiatement font naître le soupçon qu'il dut la perte de sa vie aux ordres de l'homme qui l'avait déjà dépouillé de sa couronne. Aucune époque ne pouvait être plus favorable pour un tel crime. Quel homme en Angleterre, lorsque les têtes des adhérents de Richard pourrissaient encore sur le pont de Londres, eut osé accuser Henri de ce meurtre ? D'un autre côté, la mort du captif le délivrait en un instant de la crainte de la guerre dont il était menacé par le roi do France. Mais, quoi qu'il en soît, il courut bientôt plusieurs versions sur la manière dont Richard était mort. Les uns disaient que huit jours après que Henri était parti de Windsor, sir Piers Exton entra avec sept assassins dans la prison ; que Richard, devinant leur intention, arracha a l'un d'eux une hache d'armes et en abattit plusieurs à ses pieds; mais qu' Exton le jeta à terre d'un coup, et d'un autre lui ôta la vie. Cette histoire, qu'à en juger d'après la multiplicité des détails, on pourrait croire fondée, en partie, fut crue sur le continent ; maison réalité elle n'est pas digne de foi, car elle n'était point connue en Angleterre de ceux qui avaient intérêt à découvrir et à publier la vérité1. L'opinion la plus générale était que le captif était mort de faim; volontairement, s'il faut en croire les amis de Henri : par suite des ordres donnés par celui qui espérait profiter de sa mort, si nous écoutons le parti opposé. Mais il n'y a pas de preuves de ceci; et l'histoire même, en ce qui regarde le genre de mort de Richard, n'avait probablement d'autre fondement que l'état de maigreur de sa face, lorsqu'il fut exposé à Saint-Paul 2. Henri s'abstint fort prudemment de faire attention à ces bruits.
1 . J'ajouterai que lorsque la tombe de Richard fut ouverte et le crâne examiné, il n'y avait aucune apparence de blessure, à moins que l'ouverture de la suture au-dessus de l'os temporis n'eût été occasionnée par un coup. Arch. vi, 316, l'os temporis était probablement caché par le bandage quand le visage fut exposé.
2. On a fait beaucoup de fond sur le témoignage suivant de l'archevêque Scrope. TJbi eum breviter (ut vulgariter dicitur quindecim dies et totidem noetes) in famé, siti et frigore vexaverunt et crucifixerunt ; et tandem morte turpissimâ, ad hue regno nostro Anglia) penitus incognito, sed gratid divinà diutius non celanda, interimerunt et occiderunt. Ang. Sac. n, 365. Mais selon moi ce passage comporte une interprétation fort différente. Il établit que pendant quinze jours ils le tourmentèrent par la faim, la soif, le froid et les mauvais traitements, et qu'alors (tandem) ils le mirent à mort d'une manière qui jusque-là était resté inconnue, mais que la providence de Dieu ne laisserait pas beaucoup plus longtemps cachée. Très-certainement donc Scrope n'uvait pu découvrir le genre de mort de Richard.