CHAPITRE SIXIÈME
de notoriété, il fut mené sur un traîneau a travers toutes les villes qui se trouvaient sur la route de la capitale !.
La réclusion dans laquelle vivait le prétendant éteignit peu a. peu les espérances que son apparition avait éveillées dans le sein des partisans de Richard. S'il était réellement ce prince, pourquoi n'accompagnait-il pas les armées écossaises dans leurs invasions suivantes, et n'appelait-il pas sous son étendard les partisans de la maison d'York? La réponse était facile. Le feu roi était trop bien connu de ce côté pour qu'un imposteur pût se faire passer pour lui sans être découvert; aussi Albany, au lieu de mettre le prétendant en évidence, ou d'appuyer ouvertement sa réclamation, le garda fort prudemment dans le château de Stirling, où il vécut dix-sept ans, dans une réclusion complète jusqu'à sa mort en 1419 3 [18 oct.]. Mais si le régent d'Ecosse espérait par cet artifice ébranler la fidélité des sujets anglais de Henri, Henri, d'un autre côté, obtint l'aide puissante d'un seigneur écossais, Dunbar, comte de March, qui, à cause d'un affront fait à sa fille 3, avait retiré son allégeance à son souverain et fait hommage au roi d'Angleterre. Dunbar faisait cause commune avec les Percy, et dirigeait leurs incursions en Ecosse, tandis que le comte Douglas, qui avait reçu les biens confisqués sur le rebelle, faisait par représailles de semblables incursions en Angleterre. 11 fut convenu entre les comtes de March et de Northumberland que chaque chef aurait le commandement a tour de rôle ; et dans la seconde incursion des Ecossais, le comte de March arrêta les envahisseurs à Nesbit-Moor ; leur commandant, Hepburn de Haies, périt avec beaucoup de ses compagnons; et les autres, la fleur de la chevalerie du Lothian, furent faits prisonniers 4 [22 juin]. Le comte Douglas^ pour venger cette perte, sollicita et obtint l'aide du duc
1. Rym. vin, 2«2. Olterb. 24£, 249. Wals. 370, 371. Liraft, 429.
2. Il fut enterré dans l'église des Black-friars à Stirling, et on a attaché beaucoup d'importance à une inscription placée sur le mur au-dessus de son tombeau, dans laquelle il était appelé roi d'Angleterre Mais cette inscription n'est point une autorité. Elle n'était point contemporaine, mais avait du être composée à une époque beaucoup plus récente par un partisan de la maison d'York ; car elle fait allusion à la chute de Henri VI et aux malheurs de sa famille, comme punition du mal fait à Richard par leur aïeul :
Supplicium luit hinc ipsius omne genus.
3. 11 décrit ainsi lui-même cet affront dans une lettre à Henri : * Le duc de Rothsay a épousé ma fille, et maintenant contrairement à l'obligation qu'il m'en a faite par sa lettre et son sceau, et contrairement à la loi de la sainte Eglise , il épouse une autre femme. » Ms. Vesp. F. vu, 22. Henri accorda à lui et à ses héritiers des terres de la valeur de 500 marcs par an. Rym. vin, 153.