‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 322 sur 563 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

du complot lui fussent déjà parvenus; mais au moment même [juillet] où il se mettait en marche pour les frontières avec un corps de chevaliers d élite, Hotspur partait à la hâte de ces mêmes frontières pour les Galles du nord, où ses charges de lieutenant et de justicier lui donnaient une influence considérable. Il était accompagné de Douglas avec ses chevaliers écossais. Son oncle de Worcester, lieutenant des Galles du sud, le rejoignit avec toutes les troupes qu'il avait pu lever ; et les archers de Cheshire, race d'hommes dévoués au dernier roi, répondirent à son appel qui les invitait à combattre avec lui pour Richard qui vivait encore, contre Henry de Lancaster, l'ennemi mortel de ce monarque Le roi n'avait pas atteint Burton sur Trent, lorsqu'il apprit ces nouvelles [16 juillet]. Il ne perdit pas un instant. 11 tourna à l'ouest, ordonna par des messagers a tous ses fidèles sujets de le rejoindre dans sa marche, et entra à Shrewsbury au moment où du haut des murs on apercevait les insurgés. Hotspur fut désappointé, mais non découragé ; il se retira à Haytleyfleld à peu de distance ; et quoique Owen avec ses Gallois ne l'eût pas encore rejoint,. il fit ses préparatifs de combat 2 [20 juillet].

Conformément aux lois de la chevalerie, les confédérés envoyèrent au roi un défi que nous a conservé Hardyng, qui, à cette époque, était au service de Hotspur, et l'accompagna le lendemain sur le champ de bataille. Dans cet acte, les Percy dé* clarent Henri faux et parjure : 1° parce qu'a son retour en Angleterre il avait juré devant eux, a Doncaster, qu'il ne réclamerait que son propre héritage et celui de sa femme ; et que cependant il avait emprisonné Richard son souverain, l'avait forcé par menaces à résigner la couronne, et sous prétexte de oette résignation, s'était emparé du titre et de l'autorité de roi ; 2° parce que, à la même époque, il avait juré de ne jamais consentir à l'imposition d'aucune taxe sans le consentement préalable du parlement; et que cependant il avait fait lever fréquemment des dixièmes et des quinzièmes, de sa propre autorité et par la crainte qu'il inspirait ; 3° parce qu'il avait juré aussi que Richard, tant qu'il vivrait, jouirait de toutes les prérogatives royales; et que cependant il avait fait mourir de faim, de soif et de froid ce

1. Act of Coun. i, 206, 208. Les habitants du Cheshire s'étaient déjà soulevés en faveur de Richard , quand les comtes épousèrent sa cause la première année de ce rèpne. Henri juçea plus prudent de les gagner par l'indulgence que de les exaspérer par des punitions. Act of Coun. n, 42.

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