Rym. vin, 313. Wals. 368. Otter
même prince dans le château de Pontefract, au bout de quinze jours, et l'avait fait assassiner; U° parce qu'à la mort de Richard, il avait gardé la couronne qui alors appartenait au jeune comte de March, le plus proche et le plus direct héritier; 5° parce que, bien qu'il eût juré de gouverner suivant les lois, il avait traîtreusement et contre les lois détruit la liberté d'élection, et fait envoyer ses propres créatures comme représentants des comtés au parlement, en sorte qu'on ne pouvait obtenir justice; et enfin, parce qu'il avait refusé de permettre la délivrance de sir Edmund Mortimer, qui avait été pris en combattant pour lui, et était tenu dans les fers en prison ; et qu'il avait regardé les Perey comme des traîtres, pour avoir négocié avec Owen Glendower en .faveur du captif. Puis ils concluent ainsi : « Pour ces raisons nous te défions à mort, toi, tes complices et tes adhérents, comme traîtres et destructeurs de la société et du royaume, et envahisseurs, oppresseurs et usurpateurs des droits du véritable et direct héritier de l'Angleterre et de la France; et nous comptons le prouver en ce jour par la force des armes, avec l'aide du Dieu toutpuissant *. »
Lorsque Henri eut lu ce défi , il répliqua qu'il n'avait pas le temps d'écrire une réponse; qu'il prouverait par l'épée que l'accusation des Percy était fausse et conlrouvéo, et qu'il ne doutait pas que Dieu ne lui donnât la victoire sur des traîtres parjurés2. Le lendemain matin se livra une des batailles les plus acharnées et les plus sanglantes dont il soit fait mention dans l'histoire d'Angleterre.
Les deux armées étaient presque de force égale , étant composées chacune d'environ quatorze mille hommes d'une valeur éprouvée3. [21 juillet.] Dès qu'elles furent rangées en face l'une
1. Ce défi est imprimé tout au lon^ d'après le Ms. harleien, 42, fol. 152, dans « Le droit héréditaire de la couronne, » p. 82-84, par M. Ellis , dans son édition de Hardyng, 352, et dans Hall, fol. 21 ; mais ce dernier a fait, de sa propre autorité, Edmund Mortimer comte de March. Le lecteur Qbservera le langage embarrassé et ambigu des Percy, en parlant de la mort de Richard , comme s'ils n'avaient aucune connaissance certaine de son genre de mort; et il remarquera aussi dans sa dernière imputation, que la coutume existait encore de torturer les prisonniers de guerre, pour obtenir d'eux une plus forte rançon. « In prisonâ et ferreis vinculis crudeliter tentus. » Hardyng dit la même chose de Mortimer :
« Car il était aux fers et en dure prison, Pour le non-payement de sa grande rançon. »
Hardyng, 339.