‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 327 sur 563 · CHAPITRE SIXIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. m

d'York et des environs. Il était au nom de A. B. C. D., fondés de pouvoirs de toute l'Angleterre; et il taxait Henri de parjure , de rébellion, d'usurpation, du meurtre de son souverain, d'irréligion, d'extorsions et de l'exécution illégale d'un grand nombre d'ecclésiastiques et de gentilshommes *. Huit mille hommes s'assemblèrent à Shipton, sur la lande, à quelques milles d'York, et furent rejoints par l'archevêque et le comte maréchal. Pour les disperser, le prince accourut avec le comte de Westmoreland à la forêt de Galtres [29 mai]. Ce dernier demanda et obtint une conférence avec les chefs opposés, dans l'espace ouvert entre les deux armées. L'archevêque déclara qu'il était venu , non pour faire la guerre , mais pour faire la paix , et entra dans le détail des divers abus dont le redressement lui semblait nécessaire à la prospérité du royaume. Quelques-uns disent que Westmoreland trompa la simplicité du vieux prélat en approuvant toutes ses propositions ; d'autres, qu'il lui persuada de congédier ses troupes , comme le seul moyen d'apaiser le roi et d'obtenir une réponse favorable a ses pétitions. Quoi qu'il en soit , l'archevêque et le comte furent inopinément emmenés de force a l'armée des royalistes; et les insurgés, apprenant la captivité de leurs chefs, rentrèrent dans leurs foyers2. Henri , au premier bruit de ces soulèvements , avait marché vers le nord [8 mai] : les deux captifs lui furent présentés à Pontefract, et reçurent l'ordre de suivre la cour a Bishopslhorpe , palais appartenant au primat. Là, le roi commanda au chef de justice Gascoigne de prononcer contre eux la sentence de mort [8 juin] ; mais ce juge intlexible s'y refusa, sur le motif que les lois ne lui donnaient aucune juridiction sur la vie du prélat, qui, ainsi que le comte maréchal, avait le droit d'être jugé par ses pairs. On trouva un agent plus complaisant dans un chevalier du nom de Fulthorpe, qui, par l'ordre du roi, les appela devant lui, et sans accusation ni débats, les condamna a être décapités. Scrope s'écria sur-le-champ : « Le juste et vrai Dieu sait que je n'ai jamais eu aucune intention mauvaise contre la personne du roi Henri; et je vous demande de prier, pour que ma mort ne soit pa3 vengée sur lui ni sur ses amis. » Le jugement fut immédiatement mis h exécution ; larchevêque subit la mort avec la fermeté d'un martyr, et il en acquit dans le peuple

Page 1