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lence, l'entraînèrent rapidement au tombeau. La perspective de sa fin rappela, dit-on, h sa mémoire les moyens par lesquels il avait acquis la couronne, et le sang qu'il avait répandu pour la conserver. Il commença enfin a douter de la certitude de sa maxime favorite , que le succès de l'entreprise était une preuve qu'elle avait l'approbation du ciel. Un jour qu'il était en proie à une de ses attaques, et que tout faisait croire à sa mort, le prince emporta dans une autre chambre la couronne qui, selon l'usage, avait été posée sur un coussin à côté du lit. Le roi, étant revenu à lui, demanda sévèrement qui l'avait enlevée ; et, sur la réponse de ses gardes, il fit revenir immédiatement le prince. Apaisé par ses expressions respectueuses , il lui demanda avec un soupir : « Hélas, beau fils, quel droit avez-vous à la couronne, quand vous savez que votre père n'en avait point ?» — « Mon seigneur lige, » repartit le jeune Henri, « vous l'avez conquise avec Vépée, et avec l'épée je la garderai. » Après une pause, le roi répliqua d'une voix faible : « Eh bien, faites ce que vous croirez le mieux. J'en laisse l'issue à Dieu, et j'espère qu'il aura pitié de mon âme *. »
Sa dernière attaque le saisit comme il était en prières dans la chapelle de saint Edouard à Westminster. On le transporta dans la chambre de l'abbé, et il expira promptement, le 19 mars 1413, dans la quatorzième année de son règne 2. De ses trois plus jeunes fils, Thomas avait été créé duc de Clarence, Jean et Humphy étaient sans titres. Ses filles, Blanche et Philippa, étaient mariées, la première au duc de Bavière, et l'autre au roi de Danemarck. Il ne laissa point d'enfants de Jeanne de Navarre, sa seconde femme.
Sous les règnes précédents, le lecteur a vu la chambre des communes avancer continuellement d'un pas silencieux mais sûr dans la voie de l'importance et de l'autorité : sous Henri elle prit un ton encore plus haut, elle parla au souverain avec plus de liberté, et poussa ses enquêtes dans tous les départements de l'administration. Les embarras pécuniaires du roi, l'insuffisance de son titre et les insurrections réitérées en faveur de Richard et du
1. Monstrel. i , 163. Il n'est pas impossible que cette histoire ait été forgée par les amis de la famille rivale.
2. Il existe une étrange histoire racontée par Clément Maydestone , sur l'autorité d'une des personnes employées à transporter le corps du roi par eau de Westminster à Canterbury où il devait être enterré. Etant mis en danger par une tempête, ils jetèrent le cadavre dans la rivière, à l'imitation des matelots qui avaient traité le prophète Jonas de cette manière , et se rendant à Canterbury , ils déposèrent le cercueU vide dans le tombeau. Peck, Desider. Cwios. n, 5.