‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 340 sur 563 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

comte de Mardi, lui faisaient un devoir de rechercher l'affection du peuple par l'entremise de ses représentants »; et ces hommes que, dans l'origine, on ne trouvait bons qu'à donner leur argent, en vinrent, par des degrés presque imperceptibles, à faire partie coégale et coefflciente de la législature. Les détails suivants sur leur élection, leurs immunités et leur manière de procéder, sont tirés des rôles du parlement.

1. A mesure qu'augmenta l'importance des chevaliers du shire, le gouvernement et ses adversaires redoublèrent d'efforts pour obtenir l'élection de leurs amis respectifs. Elle dépendait beaucoup, néanmoins, de la partialité du shériff, qui, étant toujours nommé par la cour, hésitait rarement à en faire une injuste, à la requête du conseil. Une telle conduite avait provoqué de fréquentes remontrances sous le dernier règne; elles se renouvelèrent sous celui-ci ; et comme remède à cet abus, on rendit deux statuts. Le premier portait que dans la prochaine cour de comté tenue après la réception de l'ordonnance, le jour et le lieu du parlement futur seraient annoncés par proclamation ; que toutes les personnes présentes, les électeurs dûment convoqués«à cet effet, et autres, procéderaient immédiatement à l'élection; et que les noms des membres ainsi choisis, qu'ils fussent présents ou absents, seraient certifiés par procès-verbal sous le sceau de tous ceux qui auraient voté en leur faveur. Par le second, le shériff, qui faussait l'élection ou agissait en opposition au premier statut, était passible d'une amende de cent livres, et les juges d'assises étaient chargés de prendre connaissance de ces sortes de délits, et de prononcer des sentences contre les coupables 2.

2. Les membres de la chambre basse jouissaient, en commun avec ceux de la chambre haute, d'après une ancienne coutume, du droit de n'être ni arrêtés ni emprisonnés, et ce droit s'éten-

1. Dans une occasion , le roi invita tous les membres à dîner avec lui le jour suivant. Rot. Pari, m, 493.

2. Rot. Parî. m, 601, 641. J'incline à croire que le mot « autres » dont le sens est indécis, avait pour but de déjouer les artifices des shériffs qui restreignaient l'élection au peu de personnes qu'ils convoquaient à cet effet. Mémo après cette époque , il est certain que beaucoup d'élections furent faites par un très-petit nombre d'électeurs ; et je puis citer ici l'envoi extraordinaire fait par le sheriff du comté de Dublin , de représentants pour siéger au parlement tenu par Edouard III, en Angleterre. La cour ne se comp sait pas de plus de quarante-quatre personnes, dont vingt-quatre élurent Nicholas Houth et William Fitz-William ; vingt élurent Nicholas Houth et Richard White ; et le shériff envoya ce dernier, parce que les vingt votants en sa faveur étaient de plus haut rang, 'et plus riches que les vingt-quatre qui avaient voté pour son compétiteur. Lel. vol. i. App. p. 376.

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dait jusqu'à leurs serviteurs et domestiques, et durait depuis le jour de leur départ de chez eux jusqu'au moment de leur retour. C'était un privilège considérable, mais nécessaire a cette époque. Il se commettait encore tant d'illégalités, qu'il était utile de placer sous la protection spéciale des lois ceux qui allaient remplir leur devoir au parlement. On était sujet h se voir arrêté sous de faux prétextes, à la requête d'un perfide adversaire ; on était exposé, durant son voyage, à tomber dans des embûches, à être estropié, ou même assassiné par des ennemis qui ne voulaient pas soumettre leur querelle a la décision de la loi ; et on était souvent eu danger d'être dépouillé par les bandes organisées do voleurs qui infestaient quelques-uns des comtés. Henri reconnut ce privilège, mais refusa de lui donner plus de force par des peines additionnelles. Quand les communes demandèrent que le coupable, outre une amende au roi, payât de triples dommages a la partie lésée, il répondit froidement que la loi avait déjà à sa disposition un remède suffisant. Le hasard fit que peu après, un écuyer appartenant au représentant de Somerset, fut attaqué et grièvement blessé par John Savage. Les communes adressèrent une nouvelle pétition au roi. Elles demandaient que le meurtre d'un membre ou de son domestique fût déclaré trahison ; que l'estropier ou le défigurer fût puni de la perte d'une main ; et . que le blesser ou le battre rendit le coupable passible d'une forte amende et d'un an de prison. Henri, toutefois, éluda la demande et publia une proclamation ordonnant à Savage, sous des peines sévères, de comparaître et de se faire faire son procès devant les juges du banc du roi L

3. Un autre privilège, plus important encore, était la liberté des débats. Si, sous le dernier règne, il avait été compromis par le jugementeruel et inconstitutionnel de Haxey, il avait recouvré sa force première sous le règne actuel, par la révocation de ce jugement. L'orateur avait soin de le réclamer pour lui et pour ses collègues, non-seulement au commencement de chaque session, mais presque toutes les fois qu'il s'adressait au trône ; et de requérir que le roi n'ajoutât pas foi aux rapports d'individus intéressés, mais crût que tout ce qu'ils disaient dans leurs débats venait de leur sollicitude pour ses intérêts réels. A la faveur de ce privilège, les communes introduisirent le nouvel usage de présenter leurs pétitions de vive voix, au lieu de les mettre par

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