‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 346 sur 563 · Coke, Inst. ni · texte numérisé non relu

Coke, Inst. ni

la patience la plus exemplaire. Sa modération semblait encourager et rendre plus vives les attaques de ses adversaires. L'esprit de Wycliffe n'avait rien perdu de son àpreté première en passant a ses successeurs. Ses prédicateurs ambulants en appelaient toujours aux passions et aux préjugés du peuple contre les richesses, le luxe et les vices des ecclésiastiques, qu'ils décrivaient comme les disciples et les compagnons de Satan; comme des bergers mercenaires dont le but était de tondre le troupeau dans cette vie, et de le conduire à la perdition dans l'autre; comme les usurpateurs du patrimoine des pauvres et des revenus du royaume ; comme la cause réelle des taxes votées par le parlement, et eonséquemment de la pauvreté des basses classes1. On aurait peut-être méprisé ces déclamations, si elles n'avaient conduit à des inductions et à des tentatives d'une tendance dangereuse. L'avis et môme l'ordre était donné au peuple de ne pas payer les dîmes ; et des plans tramés avec adresse et poursuivis avec opiniâtreté visaient à obtenir la confiscation générale des biens du clergé. Dès son avènement, Henri s'était proclamé protecteur de l'Eglise contre les attaques des lollards. Dans le premier synode tenu sous son règne, un message royal avait fait connaître ses intentions au clergé ; à l'ouverture du second, les commissaires du roi, le comte de Northumberland et Erpingham, lord chambellan, exhortèrent les prélats et leurs procureurs à prendre des mesures pour la suppression des erreurs semées par les prédicateurs ambulants, et leur promirent la faveur et l'assistance royales dans la poursuite d'un objet si salutaire2. Dans le parlement qui entra en séance à la même époque, l'intention qu'avait le roi de soutenir la religion établie fut annoncée du haut du

l. Wilk. Con. m, 208, 248, 345 et suiv. Knyght. 2657-2669. Knyghton, qui, par curiosité, assista à quelques-unes de leurs reunions, nous informe que, d'après leur assertion , tous les hommes de bien embrassaient leur secte; que les méchants seuls et les reprouvés s'y refusaient. Ils s'intitul ient les vrais prédicateurs évangéliques 'veros prsedicatores et evangelicos), et appelaient leurs adversaires des donneurs de faux enseignements et des ennemis de la loi de Dieu. 11 fut surpris de voir avec quelle promptitude les disciples adoptaient le jargon des maîtres, et hommes et femmes se mettaient à enseigner la doctrine évangélique (unum moduin statim loquelaj mirabiliter habuerunt. Doctores evangelics© doctrinal tam viri quam muheres subito effecti sunt). Voyez Knyghton, 266 J, 2665. Quoique tous ces prédicateurs semblent avoir étudié à l'école de Wycliffe, cependant chacun d'eux se distinguait par quelque doctrine particulière. La plupart de leurs dogmes étaient dirigés contre les doctrines et les possessions de l'Eglise établie : d'autres étaient subversifs du bien-être de la société. Plusieurs paraîtront absurdes à tout lecteur raisonnable; et quelques-uns sont trop grossiers pour être cités. Voyez Wilk. p. 248, 345. Knyght. 2669. Wals. 557.

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