‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 366 sur 563 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

dant deux heures une lutte sanglante et douteuse. La vie du roi fut plusieurs fois en danger imminent. Voyant son frère, le duc de Clarence, blessé et gisant à terre, il l'enjamba à la hâte, et rèpoussa bravement les efforts des assaillants, jusqu'à ce que le prince fût emporté en lieu sûr par ses propres serviteurs. Bientôt après il fut chargé par une troupe de dix-huit chevaliers français, qui s'étaient engagés vis-à-vis les uns des autres à le tuer ou à le faire prisonnier. L'un d'eux, d'un coup de masse, fit tomber le roi sur les genoux; mais il fut à l'instant secouru par ses gardes, et tous ses adversaires furent tués. A la fin, le duc d'Alençon, commandant français, se fraya un passage jusqu'à l'étendard royal. D'un coup, il renversa à terre le duc d'York ; d'un autre, il fendit la couronne du casque du roi. Tous les bras à l'instant se levèrent contre lui. Le duc, comprenant le danger, s'écria : « Je me rends ; je suis Alençon ! » Henri lui tendit la main ; mais déjà son vaillant ennemi n'était plus. La mort du duc fut suivie de la fuite de ceux qui lui avaient survécu ». *

Restait la troisième et la plus nombreuse division de l'ennemi. Quoique intimidée, elle n'était pas encore rompue, et les Anglais se préparaient à la charger quand arriva la nouvelle alarmante qu'une force puissante s'approchait des derrières de l'armée. Dans cette occurrence imprévue, le roi donna à la hâte l'ordre de mettre à mort tous les prisonniers : ordre qui malheureusement fut exécuté en grande partie avant que l'erreur pût être découverte. La force qu'on avait tant exagérée ne consistait qu'en six cents paysan* commandés par Robinet de Bournonville et Ysambert d'Azincourt, qui avaient profité du moment pour entrer dans Maisoncelles, piller les bagages et emmener les chevaux de l'armée. Ils ne pouvaient prévoir que cette entreprise serait si désastreuse pour leurs compatriotes ; mais ils furent plus tard appelés à en rendre compte, et sévèrement punis par leur seigneur immédiat, le duc de Bourgogne 2.

Dans l'intervalle, les rangs de la troisième division commencèrent à chanceler ; et leur irrésolution fut augmentée par les flammes allumées sur leurs derrières par le détachement anglais. De tout ce nombre, il n'y eut que six cenls hommes qui se décidèrent à suivre leurs chefs, les comtes de Falcomberg et de Marie, qui se précipitèrent hardiment sur les vainqueurs, et trouvèrent,

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