‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 377 sur 563 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

dernier survivant des fils du roi, dut sa vie aux soins de Tannegui du Chastel qui l'enleva du lit, l'enveloppa dans un drap, et le porta en lieu^de sûreté. Après ces horreurs, la reine, accompagnée du duc de Bourgogne, entra en triomphe a Paris, et étant maîtresse de la personne du roi, exerça sans opposition l'autorité royale *. Mais les débris de la faction contraire se retirèrent a Poitiers, proclamèrent le jeune dauphin régent du royaume, et établirent une administration rivale. Ainsi la France fut divisée en deux gouvernements séparés, plus hostiles l'un à l'autre qu'a leur ennemi naturel, le roi d'Angleterre, et également désireux d'acheter son assistance par des concessions. Henri écouta leurs propositions, mais refusa obstinément de les accepter. Sa politique était de mettre les partis en présence, afin de les engager, en excitant leurs appréhensions, à élever leurs offres, [lunov.j Quand ses ministres s'abouchèrent avec les envoyés du dauphin a Alençon, ils prirent le ton de la plus insultante supériorité. Ce n'était point à eux h présenter aucun projet; ils étaient venus pour recevoir les propositions du dauphin. La couronne de France était l'héritage légitime de Henri. Que pouvait lui donner son adversaire comme équivalent? Lorsqu'ils eurent ainsi tiré des négociateurs français la déclaration de l'offre qu'ils avaient été autorisés a faire, ils leur reprochèrent un manque de sincérité, mirent en question la validité des pouvoirs dont ils avaient été munis, et eurent l'air de douter que leur maître, dans un âge si tendre, put donner des garanties suffisantes de l'accomplissement do ses engagements 2. Cette conférence était à peine terminée qu'il s'en ouvrit une seconde sous la médiation du cardinat des Ursins, avec les envoyés du roi de France et du duc de Bourgogne [U déc.]. Ils présentèrent à Henri un portrait séduisant de la princesse Catherine ; mais il était trop politique pour mettre en balance les charmes de la dame avec ses intérêts. Pendant quinze jours, il excita tour h tour les espérances, les craintes et 1rs préventions des négociateurs ; puis il les congédia avec la remarque que Charles, par suite de son infirmité, et le duc a cause de son infériorité de rang comme vassal, étaient également incapables de disposer des territoires appartenant à la couronne de France 3.

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