‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 378 sur 563 · Rym. rx · texte numérisé non relu

Rym. rx

Monst. i, 271. Dans les deux négociations, les Anglais soutinrent qu'on devait employer la langue latine, les Français qu'on devait employer la lançue

Les négociations pour la paix n'avaient pas interrompu les opérations de la guerre; et Henri, après avoir réduit Pont de l'Arche, s'avança pour faire le siège de Rouen [19 juillet], capitale de la haute Normandie. En temps de paix, sa population était évaluée à deux cent mille âmes ; niais l'approche de l'ennemi avait fait émigrer un grand nombre d'habitants; et les magistrats, par une proclamation, avaient pressé le départ de tous ceux qui n'étaient pas approvisionnés de vivres pour dix mois. Les Français se livraient à l'espoir que Rouen arrêterait le cours des victoires du monarque anglais. La ville était bien fortifiée; de nombreuses batteries en couvraient les murs : la Seine, qui serpente a l'entour, servait à la protéger contre l'insulte ; et à quinze mille citoyens exercés à la guerre s'étaient joints quatre mille hommes d'armes sous les ordres de Guy le Bouteillier, officier d'une valeur éprouvée et du patriotisme le plus ardent. Par ses ordres, on brûla immédiatement les faubourgs, on nivela le terrain dans le voisinage des murs, et la campagne aux environs fut réduite à l'état de désert aride. [30 juillet.] A l'approche des Anglais, il vint hardiment à leur rencontre en rase campagne; et quoique forcé de reculer devant la supériorité du nombre, il renouvela journellement ses attaques, détruisit leurs ouvrages, attaquant subitement leurs quartiers, et déconcertant leurs opérations. L'armée campait, divisée en six corps, en face des six portes de la ville; et afin de conserver la communication entre elles, on ouvrit des tranchées assez profondes pour garantir ceux qui passaient des coups de l'ennemi. Je ne parlerai point des événements du siège; mais les ouvrages érigés et les précautions prises par Henri sont plus dignes d'attention, comme se rattachant a l'histoire de l'art militaire. La force naturelle et artificielle de la place, ainsi que le nombre et le courage de ses défenseurs, interdisaient l'espoir de l'enlever d'assaut; mais on pouvait la réduire par la famine; et empêcher l'introduction de tout secours devint le grand objet de la sollicitude du roi. Des lignes furent tirées autour de la ville et garnies d'épaisses haies d'épine ; et en dehors du camp on choisit les positions les plus élevées, et on les fortifia au moyen de tours de bois, de batteries

française. On finit par convenir qu'il serait fait deux copies de chaque pièce, une dans chaque langue , et qu'en cas de discussion la copie latine serait considérée comme authentique. Cette circonstance est digne de remarque à cause de la raison donnée par Henri, que ses ambassadeurs ne parlaient ni n'entendaient le français, preuve que l'anglais était devenu à cette époque la langue des hautes classes. Rym. ix, 655-059.

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