Monstrel. n
2. Le commandant français était le comte de Ventadour, le commandant écossais le comte de Buchan, ou Stuart de Darnley. Tous deux furent rachetés plus tard. Monst. n, 8. Ford, xvi, 25. Haïl. f. 85. *
tant encore de Touraine [19 avril], qui lui avait appartenu à luimôme avant son avènement. [8-16-26 oct.] Le duc d'Àlbany et la noblesse écossaise jurèrent en présence de l'ambassadeur français de maintenir l'ancienne alliance entre les deux pays, et promirent, ce qu'il n'était point en leur pouvoir d'effectuer, que leur roi, en cas de délivrance, ratifierait leurs engagements *.
La nécessité de troubler la bonne harmonie qui régnait entre la France et l'Ecosse était devenue évidente; et dans cette vue le conseil anglais proposa au roi Jacques de traiter avec lui de sa délivrance. L'offre fut acceptée avec joie ; les envoyés écossais eurent la permission de voir leur souverain ; et après bien des négociations, on convint de part et d'autre que le roi serait mis en liberté, et qu'en retour il défendrait à ses sujets d'entrer au service de la France2 [10 sept. 1423]; qu'il payerait à terme, en six ans, la somme de quarante mille livres, comme compensation de ses dépenses pendant sa détention3, et donnerait des otages pour caution jusqu'à ce que la somme entière fût soldée. Afin d'attacher plus fortement le prince écossais aux intérêts de l'Angleterre, on désirait qu'il épousât une princesse anglaise; et les ambassadeurs eurent pour instructions d'en conférer avec les . Ecossais si ceux-ci faisaient quelque ouverture, mais de n'être pas les premiers à en suggérer l'idée, « attendu que, d'après la coutume de l'Angleterre, il ne convenait pas que la dame fit les avances. » Il ne fut pas nécessaire, au surplus, d'exciter la bonne volonté de Jacques par des motifs politiques. 11 était déjà épris d'une femme belle et accomplie, Jane, descendue par son père, le comte de Somerset, d'Edouard III, et par sa mère, Margaret Holand, d'Edouard Ier. [Février 1424.] 11 l'épousa avant son départ; et le protecteur, pour exprimer sa satisfaction, lui fit grâce [avril], avec le consentement du conseil, d'un sixième de la somme
1. Du Tillet, 135, 13G. Douglas fut fait lieutenant du roi et commandant des ; innées françaises, 19 avril 1424. Dans les Archives de France, cartons K, 90-998, se trouvent nombre de lettres de naturalisation accordées à des archers écossais de la garde royale depuis cette époque jusqu'en 1474.
2. Comme Jacques ne put forcer au retour les Ecossais qui étaient déjà en France, ils furent exceptes du bénéfice du traité. Rym. x, 331.
8. L'entretien de Jacques avait été fixé par Henri V à 700 1. par an, qui en dix-neuf ans auraient monté à 13,000 1. Il n'y a pas de doute que récemment ses dépenses avaient considérablement augmenté. (Voyez Rym. x, 293, 296.) Mais il est probable qu'une aussi forte somme fut demandée sous ce prétexte, parce qu'elle ne pouvait décemment être réclamée comme rançon. Les commissaires anglais avaient pour instructions secrètes d'accepter 36,000 1. si les Ecossais se refusaient à en payer 40,000. Id. x, 295.
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dont le payement était stipulé par le traité 1 . L'événement prouva qu'une éducation anglaise de dix-neuf années n'avait pas rendu Jacques moins propre à porter la couronne d'Ecosse. Il fit, comme monarque, le bonheur de son pays; mais, quoiqu'il s'efforçât de remplir les conditions auxquelles il avait été délivré, son revenu avait été tellement amoindri par les régents, et son peuple paraissait si peu disposé a se soumettre à des taxes, qu'il ne fut jamais en état de s'acquitter d'un tiers de la dette2.
En France , la campagne de cette année fut signalée par la môme variété d'événements que celle de l'année précédente. Arthur, frère du duc de Bretagne, et plusieurs seigneurs bourguignons, passèrent au service de Charles; ses partisans surprirent Compiègne et le Crotoi, et la garnison d'Ivry, composée de Bretons, reçut et déploya son étendard. D'un autre côté, le duc de Bedford obtint un renfort d'Angleterre, reprit Compiègne et le Crotoi, et, avec deux mille hommes d'armes et sept mille archers, mit le siège devant Ivry. Une armée française de dix-huit mille hommes, sous les ordres du duc d'Alençon, s'approcha pour secourir cette forteresse; mais, désespérant d'y réussir, elle l'abandonna à sa destinée et surprit Verneuil [17 août]. Le duc, laissant une garnison pour veiller sur sa conquête, marcha à la rencontre de l'ennemi, qui s'avança hardiment au-devant de lui. Les hommes d'armes furent rangés en une masse compacte; en tête et sur chaque flanc était posté un corps d'archers protégés comme de coutume pâr de longs pieux fichés en terre ; et a l'arrièregarde étaient rassemblés les bagages, les domestiques et les chevaux de l'armée, sous la protection de deux mille archers, qui, pour s'opposer à l'irruption de l'ennemi, avaient attaché les chevaux les uns aux autres par la bride et la queue, et les avaient entremêlés de chariots de manière a former un rempart presque impénétrable. Le choc des deux armées fut, dit-on, terrible. Elles se battirent corps a corps et avec une telle résolution, que pen-