Rym. x
2. S'il en faut croire Holinshed (p. 587) et Hall (f. 80}, Jacques, avant son départ, fit hommage au jeune Henri à Windsor, et jura fidélité en ces termes : « Moi, Jacques Stewart , roi d'Ecosse , serai loyal et fidèle à vous , seigneur Henri, par la grâce de Dieu roi d'Angleterre et de France, noble et suzerain seigneur du royaume d'Ecosse, que je tiens et prétends de vous. Et je vous garderai foi et fidélité, etc. » Ce serment , nous dit-on , fut prêté devant trois ducs, deux archevêques, douze comtes, dix évêques, vingt barons et deux cents chevaliers, et pourtant on ne peut guère douter que ce ne soit une méprise ; car dans tous les actes publics, Jacques est traité non en vassal, mais en souverain indépendant; et Henri dans sa correspondance privée l'appelle : très-haut et puissant prince par la grâce de Dieu roi des Ecossais. Rym. x, 635.
dant près d'une heure aucun des deux partis ne sembla remporter aucun avantage. Au plus chaud de la bataille, un détachement de cavalerie française et italienne, dont les instructions étaient d'inquiéter l'arrière-garde des Anglais, entreprit de charger au milieu des chevaux et des bagages; mais ne pouvant se frayer un passage ni se dégager, il resta exposé aux flèches des archers, qui, après avoir tué ou repoussé les assaillants, se tournèrent vers la tête et se jetèrent sur l'ennemi avec de grands cris. Cette manœuvre décida Faction. Les Français perdirent courage ; leur front fut percé sur différents points, et bientôt la plaine fut couverte de fuyards poursuivis. D'après le compte des ennemis, ils perdirent plus de trois mille hommes, et les Anglais seize cents. Le nombre des Ecossais se trouva tellement réduit, qu'ils ne formèrent plus jamais un corps distinct dans l'armée française. Le nouveau duc de Touraine et le comte de Buchan restèrent sur la place; le duc d'Alençon et deux cents gentilshommes furent faits prisonniers. Le régent appelai mmédiatement ses officiers autour de lui, et rendit grâce à Dieu sur le champ de bataille1.
Jusqu'alors, le duc de Bedford avait soutenu l'honneur des armes anglaises, et déployé des talents dignes de la situation difficile dans laquelle il se trouvait. Mais il eut le malheur d'être contrecarré dans toutes ses mesures par l'ambition particulière de son frère, le duc de Gloucester. Jacqueline de Bavière, héritière du Hainaut, de la Hollande, de la Zélande et de la Frise, avait eu pour premier mari Jean, dauphin de France. Après la mort de celui-ci [5 avril 1417], Henri V offrit sa médiation pour ajuster le différend qui s'était élevé entre la veuve et l'oncle de celle-ci, et profita de cette occasion de la demander en mariage pour son frère de Bedford. Mais Jacqueline, de l'avis de sa mère, donna la préférence à Jean, duc de Brabant, garçon de seize ans [1418]. Leur union fut malheureuse. Il était violent et capricieux, elle orgueilleuse et vindicative. Le duc congédia les dames et les serviteurs que sa femme avait amenés de Hollande ; en revanche, ses favoris, peu après, furent massacrés dans une insurrection du peuple. Elle finit par se séparer de lui, se rendit à Valenciennes auprès de sa mère , s'échappa de Valenciennes , et chercha un asile en Angleterre [juillet 1421], où elle fut bien accueillie et obtint du roi une pension de cent livres par mois2. Le duc de