‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 406 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

qu'il sera dans ce pays : lorsqu'il sera retourne en France, je gouvernerai, moi, comme bon me semblera. » [28 janvier.] Ace propos, les autres membres firent demander le duc de Bedford à la chambre étoilée, peu de jours avant son départ, et le lendemain matin , se rendirent en corps auprès du duc de Gloucester, qui était retenu par la maladie à son « auberge » [29 janvier]. Le chancelier fit à tous deux le même discours, exposant que le jeune prince était le légitime roi d'Angleterre, et avait droit à l'obéissance de tous ses sujets, quel que fût leur rang ; que tout jeune qu'il était, il n'en possédait pas moins de par la loi toute l'autorité qui lui appartiendrait dans un âge plus mûr; que comme il ne pouvait exercer cette autorité durant son enfance, elle était confiée aux lords spirituels et temporels assemblés en parlement, ou au grand conseil, ou d'autres fois aux lords nommés pour composer le aconseil permanent; » et que ce conseil, représentant la personne du roi, avait le droit d'exercer les pouvoirs du gouvernement, «sans qu'aucune personne pût ou dût s'attribuer ladite régie et ledit gouvernement. » Ils terminèrent en priant les deux ducs de leur apprendre si eux aussi ils étaient dansles mêmes sentiments. Tousdeux répondirent (et apposèrent leurs signatures à leurs réponses) qu'ils souscrivaient avec joie aux principes qui avaient été émis, et « que dans toutes les choses qui appartenaient à la régie du pays et à l'observation des lois du roi et à son rang, ils prendraient les avis, la direction et les ordres des lords du conseil, et obéiraient au roi et à eux comme représentant le roi, aussi humblement que le moindre et le plus pauvre de ses sujets.» Il faut cependant remarquer que la réponse du duc de Bedford fut plus complète et plus soumise que celle de son frère, et que, prenant le livre des Evangiles, il jura solennellement d'observer toute sa vie la promesse qu'il faisait. Gloucester ne jura pas K

Mais le régent fut rappelé a la hâte en France par la conduite vacillante du duc de Bretagne, qui avait épousé jadis les intérêts des Anglais plutôt par crainte que par inclination. Or, quand il vit des germes de dissension semés entre eux et les Bourguignons, il écouta volontiers les suggestions de son frère Arthur, (jui avait été élevé à la charge de connétable de France. Il retira ses troupes de l'armée des alliés; on leva sur son territoire des • hommes pour le service de Charles ; et il donna une promesse

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