‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 408 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

ment les défenses de la ville , on lui tira un coup de canon du rempart. 11 vitla lumière, et essaya de se retirer ; mais le boulet emporta le fer de la croisée, et lui déchira le visage, au point qu'il mourut dans le cours de la semaine suivante1 [3 nov.]. Le commandement passa au comte de Suffolk, qui reçut plusieurs renforts, et établit successivement ses hommes dans, différents postes autour de la ville. Ils étaient logés dans des baraques, et garantis f du feu des assiégés par des retranchements de terre. Mais les murs t étaient d'une telle étendue , et les intervalles entre ces postes , qui s'appelaient bastilles, étaient si spacieux, que souvent dans la nuit des secours d'hommes et de vivres se frayaient un passage 5 dans la place; et a cet effet Charles avait établi non loin de la d'immenses magasins dans la ville de Blois '2.

Le siège, ou plutôt le blocus, continua durant l'hiver. Au commencement du carême, sir John Falstaff quitta Paris avec quinze cents hommes, pour conduire à Orléans quatre cents chariots et I charrettes chargés de munitions et de vivres. Il avait presque atteint le village de Rouvrai, en Beauce, lorsqu'il reçut l'alarmante . nouvelle que le comte de Clermont s'avançait pour lui couper le passage avec quatre à cinq mille hommes de cavalerie. Il fit halte immédiatement, entoura sa petite armée d'un cercle de voitures , et ne laissa que deux ouvertures , a chacune desquelles il posta un fort détachement d'archers. On était au milieu de la nuit; et pendant deux heures l'attaque de l'ennemi fut retardée par les discussions de ses chefs. Sir John Stuart, qui commandait j les faibles débris des Ecossais au service de Charles, insistait fortement pour que les hommes d'armes missent pied à terre ; le comte de Clermont, de l'avis de ses compatriotes, préférait charger à cheval. A trois heures du matin , on convint que chacune des deux nations suivrait son jugement. On fit une tentative pour forcer l'entrée des deux ouvertures ; mais la cavalerie fut repousséc par une grêle de flèches , et les Ecossais à pied furent tous tués. Il resta environ six cents corps sur la place ; et Falstaff con-

1. La poudre à canon était maintenant d'un usage constant dans l'attaque et la défense des places. Les pièces étaient appelées canons et coulevrines. Les premiers jetaient des boulets en pierre, quelquefois de vingt-six pouces de diamètre ; les secondes jetaient des boulets de plomb. La poudre était d'espèce différente pour chacun. Les canons étaient servis par un maître canonnier ayan des varlets sous lui. Ils avaient leurs maçons et leurs charpentiers. Voyee les comptes du maître de l'artillerie durant la guerre, dans les Archiva de France, 395, 421, 438, 469, 460. Acts of Coun. v, 357.

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