‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 413 sur 563 · ki · texte numérisé non relu

ki

482 HISTOIRE D'ANGLETERKE.

gée en bataille, et défiant l'ennemi au combat en rase campagne ; mais la piicelle défendit à qui que ce fût de dépasser les portes de la ville. C'était dimanche, dit-elle, jour qu'il fallait employer ii prier et non à se battre. Suffolk attendit en vain quelques heures : a la fin il donna le signal : la longue ligne de forts, fruit de tant de mois de travail, fut à l'instant en flammes; et les soldats, avec des sentiments de honte et de^ regret, tournèrent le dos à la ville. L'autorité de Jeanne empêcha toute poursuite *, et Suffolk, ayant distribué ses hommes dans les forteresses voisines, informa le régent qu'il serait en état de se maintenir dans sa position jusqu'à ce qu'il lui arrivât des renforts de Paris.

Mais l'intention de Charles n'était pas de laisser a ses ennemis le temps de respirer. Le comte de Suffolk fut bientôt assiégé dans Jargeau, et la place fut emportée d'assaut le dixième jour [12 juin]. La pucelie d'Orléans (on avait fait maintenant cette addition à son premier surnom) conduisit les assaillants, et atteignit le haut des remparts, d'où un coup a la tête la précipita dans le fossé. Toute gisante qu'elle était, et hors d'état de se relever, elle continua a exhorter ses amis de la voix. « En avant, mes compatriotes, » s'écriait-elle, « ne craignez rien ; le Seigneur les a livrés entre vos mains. » Durant l'assaut, on .avait découvert un- point sans défense ; les Français se répandirent dans la place ; plus de trois cents hommes de la garnison périrent ; et Suffolk tomba avec le reste au pouvoir de l'ennemi. Il s'informa à l'officier qui lui demandait son épée s'il était chevalier; et ayant reçu une réponse négative, « Eh bien, » dit-il, « je vais en faire un de toi. » L'ayant fait chevalier, il se rendit. Mehun, Beaugency éprouvèrent le môme sort quo Jargeau; et le lord Talbot, qui avait pris le commandement, se retira vers Paris, jusqu'à ce qu'il eût reçu un renfort de quatre mille hommes. [18 juin.] Il fit halte à Patay ; mais l'ennemi s'avança vers la ville, et le temps de se préparer fut perdu en débats oiseux. Sir John Falstaff proposa de faire retraite en toute hâte : Talbot refusa de tourner le dos à l'ennemi. 11 mit pied à terre, et après une chaude action fut fait prisonnier, avec une perte de douze cents hommes, Falstaff s'enfuit au commencement de l'action; et en punition de sa lâcheté, il fut condamné à perdre la Jarretière. Il prouva toutefois, a la satisfaction ! du régent, que combattre à la tôte d'hommes aussi découragés

1. « En nom Dieu, laissez -les partir, et allons rendre grâces à Dieu. > Mm. vin, 27».

Page 1