‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 414 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME. 1X · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. 1X

que Tétaient les soldats à Patay, ce n'était point éviter une honte, mais aller au-devant d'une-défaite. Son excuse fut admise, et il recouvra ses honneurs précédents.

Jeanne avait toujours déclaré que l'objet de sa mission était

l double, la délivrance d'Orléans et lê couronnement du roi à Reims. Le premier était accompli, et elle pressa vivement l'exécution du second. Quoique pénétrer jusqu'à Reims fût une entreprise difficile et dangereuse, quoique toutes les forteresses intermédiaires fussent au pouvoir des Anglais ou des Bourguignons, Charles résolut de se confier à sa fortune et aux prédictions de sa libératrice inspirée. Ayant envoyé une for té* division de ses troupes inquiéter les frontières de la Normandie, et une autre insulter celles de la Guienne, il se mit en marche avec une armée do

J; dix mille chevaux. A Auxerre, les citoyens refusèrent de l'admettre dans leurs murs ; mais ils lui fournirent des provisions, et s'engagèrent a imiter la conduite des autres villes. CeuxdeTroyes, après un débat de quatre jours, ouvrirent leurs portes. Les habitants de Châlons lui envoyèrent spontanément les clefs de la ville; et les citoyens de Reims ayant expulsé la garnison bourguignonne, le reçurent avec les témoignages de joie les plus flatteurs1 [16 juillet]. Le couronnement se lit dans la forme d'usage [17 juillet]; mais comme aucun des pairs de France n'y assistait, Charles nomma des procureurs pour remplir leurs devoirs. Durant la cérémonie, la pucelle, sa bannière déployée, se tenait debout à côté du roi. Dès qu'on eut fini, elle se jeta h genoux, lui embrassa les pieds, déclara sa mission accomplie, et lui

r demanda en pleurant la permission de retourner h son premier état. Mais le roi ne se souciait pas de perdre les services d'une personne qui j asque-là lui avait été si utile ; et a son instante re-

5 quête, elle consentit a rester dans l'armée, et à consolider ce trône qu'elle avait en quelque sorte relevé. Cette révolution inattendue dans la situation respective des deux partis, tout en affligeant le duc de Bedford, le stimula a redoubler d'efforts. Il obtint du duc de Bourgogne de nouvelles assurances de fidélité, retira cinq mille hommes de ses garnisons normandes, et en reçut cinq mille autres de son oncle Beaufort, qui avait levé une petite armée dans le dessein chimérique de détruire les hussites de Bohême 2. Avec eux, il alla à la poursuite de Charles, qui ne vou-

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