‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 416 sur 563 · Monst. ti, f>2. Mcm. vm · texte numérisé non relu

Monst. ti, f>2. Mcm. vm

2. A ce que prétendirent ses ennemis : elle dit, elle, qu elle voulait l'échanger contre de Leurs, nais que les juges de Lagny le condamnèrent a mort. IVtitot, 285.

3. Mém. vm, ibid. Monstrelet, 09-67. Il y était alors, et vit la pucelle dans la tente de Jean de Luxembourg.

la terreur dont le succès avait entouré les armes anglaises ; elle avait ranimé le courage des soldats français, et fermement rétabli le roi sur le trône de ses ancêtres. Cependant, depuis sa captivité, elle paraît avoir été oubliée. Nous ne voyons aucune somme offerte pour sa rançon , aucune tentative faite pour adoucir la rigueur de son emprisonnement, aucune attention accordée à son jugement et h son exécution. Son entbousiasme avait produit l'effet promis, et lorsqu'on n'en eut plus besoin , la jalousie des généraux français ne fut pas fâchée de voir écarter cette rivale plébéienne.

Les temps modernes, dans lour humanité, considèrent la vie d'un prisonnier de guerre comme sacrée : il y a quelques siècles, il restait a la merci de son vainqueur, qui pouvait le garder en prison, le libérer pour de l'argent, ou le mettre à mort *. L'avarice, toutefois, l'emportait en général sur la cruauté ou le ressentiment, et les richesses qu'on pouvait acquérir au moyen des , rançons de prisonniers étaient un des plus puissants attraits du service militaire. Cependant, môme la guerre actuelle avait offert plusieurs cas où les captifs, distingués par leur férocité ou leur obstination, avaient subi la mort, et l'exécution récente du célèbre chef bourguignon, Franquet, donnait à penser que la pucelle approuvait elle-même cet usage. Si donc ses ennemis l'eussent traitée de la même manière, ses partisans auraient pu déplorer sa destinée, mais ils n'auraient pu les accuser d'injustice 2 ; mais l'évêque de Beauvais, dans le diocèse duquel elle avait été prise, réclama le droit de la juger a sa cour sur une accusation de sorcellerie et d'imposture3. On suppose communément que cette réclamation fut faite a la suggestion du duc de Bedford, qui comptait que la croyance générale de sa mission surnaturelle céderait à la condamnation prononcée par un tribunal ecclésiastique. D'après ses propres lettres, il est évident qu'il la considérait

1. On en trouve un exemple mémorable dans la Collection de lettres originales 4e Fenn> parmi lesquelles il en est une de Wennyngton l'amiral anglais, exposant sa détermination de tuer ou noyer les. équipages de cent vaisseaux marchands qu'il avait pris , à moins que le conseil ne jugeât qu'il valait mieux leur conserver la vie. Vol. i, p. 213.

2. C'est l'observation faite dans une lettre écrite au nom de Henri au duc de Bourgogne. Ainsi que faire nous estoit raisonablement licite, attendu les grans dommages et inconvéniens, les horribles homicides, et détestables cmnutez, et autres maux innumérables , qu'elle avoit commis à rencontre de nostre seigneurie, et loyal peuple obéissant. Apud Monst. n, 72.

3. Cetévèque était si dévoué aux intérêts anglais, que, Tannée précédente, il avait été recommandé par le conseil au pape pour être transféré à l'archevêché de Rouen, Ryui. x, 138.

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