‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 42 sur 563 · Waverley · texte numérisé non relu

Waverley

différents lieux, attendu qu'ils n'avaient chacun pas d'autre affaire à traiter que d'accorder une aide au nom de ceux qu'ils représentaient 1 . Environ huit mois plus tard , à l'expiration de la guerre, le roi convoqua un autre parlement; mais le nombre de cités et de bourgs qui envoyèrent des membres fut borné a vingt, et les ordres ne furent plus expédiés aux shériffs du comté, mais aux maires , aux baillis et aux prud'hommes des mêmes cités et bourgs. Dans ce parlement [30 sept.] on fit une division différente. Les lords siégèrent à Shrewsbury, et s'occupèrent de l'interrogatoire et jugement de David, prince de Galles : le clergé et les communes s'assemblèrent à Acton Burnel et firent le célèbre statut sur le recouvrement des dettes. A dater de cette époque, Edouard paraît être revenu à l'ancienne coutume de se procurer de l'argent par des tailles, et onze années s'écoulèrent avant que les représentants des cités et des bourgs fussent de nouveau convoqués en parlement; mais en 1295, des ordres furent adressés aux villes' et aux cités, et cent dix endroits envoyèrent des députés. Au surplus, le roi eut lieu d'être satisfait de l'épreuve; si les barons et les chevaliers de la province donnèrent un onzième, les nouveaux membres votèrent un septième de leurs biens- meubles : le précédent était trop précieux pour le laisse^ tomber en désuétude ; le nombre des bourgs fut augmenté, leurs députés furent convoqués régulièrement, et les sommes qu'ils accordaient, comme si la proportion en eût été déjà fixée , s'élevaient ordinairement a un tiers de plus que ceux des ordres supérieurs. C'était aussi le principal objet, pour lequel on requérait leur présence : les affaires d'état ne pouvaient être familières à des gens de leur humble condition, et ils étaient parfois congédiés tandis que les pairs continuaient de siéger. Mais ils retirèrent un grand avantage de leur présence au parlement : ils purent conférer ensemble sur leurs griefs, ils purent les faire connaître à la couronne , et à leurs votes de subsides ils joignirent en général des demandes de réforme.

Quant a la manière de procéder dans ces anciens parlements, nous en savons peu de chose. A l'ouverture de celui qui fut tenu en 1305, une proclamation fut faite par le commandement du roi dans la grande salle de Westminster, a la barre de la chancellerie, devant les cours du banc du roi et de l'échiquier, à la maison de ville (Guildhall) etaWestchepe, dans les termes suivants :

1. Voyez les différents ordres à cette occasion dans Hodv, 372, 378^ 380, 38*. Pari. IVriis, i, 10, 11. J'

CHAPITKE PREM1EK. ;ù

« Sachez tous hommes qui désirez présenter des pétitions à ce parlement, qu'on les délivre de jour en jour, jusqu'au premier lundi de carême (pendant une semaine) au plus tard, a sir Gilbert de Koubiry, maître John de Caam, sir John deKirkeby et maître John Bush ou à l'un d'eux, qui sont chargés de les recevoir jusqu'au susdit temps au plus tard *. » A la fin de la session, le parlement fut dissous par la proclamation suivante : « A tous archevêques, évêques et autres prélats, comtes et barons, chevaliers des provinces, citoyens et bourgeois, et tous autres des communes qui sont venus à ce parlement par commandement de notre souverain seigneur le roi. — Le roi fait bien des remercîments d'être venus, et veut que, pour le présent, ils s'en retournent chez eux, et qu'ils reviennent incontinent et sans délai, toutes fois qu'ils seront rappelés, exceptétlcs évêques, comtes, barons, juges et autres du conseil du roi, qui ne doivent pas partir sans sa permission spéciale. A ceux qui ont des affaires, congé est donné de rester et de les suivre. Et les chevaliers qui sont venus pour les provinces, et les autres pour les cités et les bourgs, peuvent s'adresser à sir John de Kirkeby, qui leur donnera des inandats pour recevoir leurs gages dans leurs divers . comtés2. »

11. 1. Le lecteur a déjà vu l'état d'appauvrissement du revenu royal sous Henri III. Dès qu'Edouard fut monté sur le trône, il nomma dans son premier parlement des commissaires pour s'informer de l'état des fiefs tenus de la couronne, et par cette mesure obtint plusieurs confiscations d# valeur considérable. Bientôt après les officiers judiciaires de la couronne adressèrent des ordres de quo.warranto aux juges des assises, leur prescrivant de s'enquérir à quel titre les propriétaires fonciers tenaient leurs terres et avaient droit aux libertés et immunités dont ils jouissaient. Cette enquête fut la source de beaucoup de vexations et d'un mécontentement général. Dans le cours des années, et au milieu des révolutions de la propriété, bien des familles avaient perdu leurs titres originaux, et dans ce cas leurs terres furent adjugées et enlevées aux possesseurs, jusqu'à ce qu'ils en eussent

1. Les mêmes personnes furent chargées de nouveau de recevoir les pétitions, et convoquées à cet effet à un autre parlement tenu en septembre. Le délai i>our recevoir les pétitions fut fixé du 15 septembre au 3 octobre. Rym.ii, Ô66. D'autres personnes furent chargées de nouveau de recevoir les pétitions d'Ecosse, d'Aquitaine, d'Irlande et de Guemesey.

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