‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 432 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. i

fixerait sa résidence en Angleterre, et son autorité supérieure suspendrait ou limiterait pendant des années la juridiction qui appartenait aux successeurs de saint Augustin. En conséquence, il écrivit une longue lettre au roi [6 mars 1419] qui, persuadé par ses arguments, défendit à Tévêque de Winchester d'accepter la dignité qui lui avait été offerte l. L'affaire en resta la jusqu'à la querelle qui s'éleva entre ce prélat et son neveu de Gloucester. 11 a déjà été dit que Beaufort consentit à lui faire des excuses, se démit de son office de chancelier et obtint la permission de voyager; mais il est probable que, par ces concessions, il acheta du roi la licence d'accepter les dignités auxquelles il avait été promu en cour de Rome. 11 fut bientôt après déclaré cardinal prêtre de Saint-Eusèbe [26 juin 1426], fut revêtu a Calais de l'habit d'usage, reçut le chapeau a Mechlin [2 fév. 1427], et fut nommé capitaine général des croisés destinés à s'opposer aux hussites de Bohême2 [18 mars]. Son absence encouragea peut-être, ou sa promotion stimula l'ambition du duc de Gloucester, qui, h l'assemblée suivante du parlement, requit des lords une déclaration des pouvoirs dont il était investi comme protecteur [15 oct.]. On ne sait si ce fut pour cette raison ou pour une autre, mais le parlement fut prorogé peu de temp9 après. Quand il fut rouvert, le duc renouvela sa demande, ajoutant qu'il ne siégerait pas qu'on n'y eût répondu, et avertissant la chambre de ne passer aucun bill en son absence [3 mars 1428]. La réponse dut être mortifiante pour son ambition. On lui rappelait que l'acte qui lui donnait le titre de protecteur ne l'investissait d'aucune autorité, sauf les deux cas d'invasion étrangère et de révolte intérieure. On « s'émerveillait dans l'âme » qu'après avoir souscrit cet acte, il prétendit à aucun pouvoir additionnel; on déclarait qu'au parlement il n'était pas plus que tout autre pair ; et on l'exhortait à reprendre son siège et a vaquer aux affaires de la nation comme il était tenu de le faire pour obéir à l'ordre du roi. Le duc céda a contre-cœur 3.

1. Après avoir fait allusion à l'ambition de Beaufort, il dit au roi que « jamais il n'y eut de légat à latere envoyé dans aucun pays , et spécialement dans je royaume d'Angleterre, sans grande et notable cause. Et quand il en vint, ils n'y restèrent que peu de temps, pas plus d'une année, et quelques-uns un trimestre ou deux mois, selon que besoin était; et en outre de cela avant qu'un légat entrât dans le pays , on traitait avec lui quand il aurait l'exercice de son pouvoir, et jusqu'à quel point il le mettrait à exécution. > Voyez la lettre entière dans Duck. Vit. Chich. p. 129.

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