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nient que s'il no roussissait point à l'obtenir de la régence do France *. Quand Charles vit les croisés se diriger contre lui [11 août], il se plaignit amèrement au pontife, qui protesta hautement do son ignorance de cette transaction frauduleuse, et reprocha au cardinal d'avoir nui à la cause de la religion et entaché la réputation du saint-siége. Beaufort essaya de se justifier par des allégations qu'il est difficile de croire : à l'entendre, les ordres de son souverain lui avaient été intimés dans des termes tels qu'il n'avait pas osé désobéir; et les troupes elles-mêmes lui avaient déclaré en face qu'elles ne marcheraient pas contre les hussites, mais qu'elles étaient déterminées h rétablir la supériorité des armes anglaises en France '2.
Si la conduite du cardinal en cette occasion irrita la cour de Rome, elle servit à augmenter sa popularité en Angleterre ; et quand les parlements s'assemblèrent, les deux chambres semblèrent lutter à qui l'accablerait le plus de distinctions et d'honneurs [22 sept.]. L'objection qui l'avait exclu de la féle de saint George, l'avait exclu aussi du conseil du roi; mais les lords le requirent [18 déc] d'y reprendre place pour le service du roi et le bien de la nation, et de ne s'en absenter que lorsqu'on y discuterait des questions relatives à la cour de Rome 3. Il accéda volontiers à cette flatteuse requête ; et deux jours après [20 déc], les communes, lorsqu'elles présentèrent au roi le don d'un second subside, saisirent cette occasion de mettre on tête un panégyrique des vertus et des services du cardinal 4.
On croit généralement que le duc de Gloucester, se voyant hors d'état d'exclure par la force son rival du cabinet, entreprit de l'écarter par la ruse. Ce qu'il y a de certain, c'est que Beaufort, sur les instances réitérées du conseil, consentit a accompagner le jeune roi en France ; et que, pendant son absence, on fit une
1. Rym. 424-4-20. Je soupçonne cette affaire d'avoir été une fraude depuis le commencement. La pétition du cardinal pour lever des troupes fut agréée , et l'autorisation signée le 18 juin, et cependant le 15 et le 1C du même mois on avait donné Tordre de préparer des quartiers pour lui et son armée dans le Kent, et d'équiper une flotte pour leur passage à l'étranger, pour le service du rot, in obsequium nostrum. Id. 418.