‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 439 sur 563 · Voyez Fetm's Original letters, vol. I, p · texte numérisé non relu

Voyez Fetm's Original letters, vol. I, p

existé dans tous les siècles des professeurs de magie noire, et il n'y a pas très-longtemps que Ton a le bon sens de rire de leurs prétentions. Un des chapelains du duc, Roger Bolingbroke, fut accusé de nécromancie [28 juin 1441], et exposé avec les instruments de son art [25 juillet] aux regards de la populace ébahie, sur une plate-forme devant Saint-Paul, « revêtu d'un merveilleux accoutrement, » portant dans la main droite une épée, et dans la gauche un sceptre, et assis dans une chaire, aux quatre coins de laquelle étaient quatre épées, qui avaient h leur pointe quatre images de cuivre !. La nuit du lendemain [27 juillet], dame Eléonore se rendit secrètement au sanctuaire de Westminster, démarche qui naturellement excita des soupçons. Elle fut confrontée avec Bolingbroke, qui déclara que c'était h son instigation qu'il «'était appliqué a l'étude de la magie. L'enquête qui suivit fit voir qu'Eléonore croyait fermement aux mystères de cet art ; que , pour s'assurer l'affection du duc , elle avait employé des philtres fournis par Marjory Jourdemain, célèbre sorcière d'Eye, et que, pour apprendre quelle serait sa destinée future (son mari était héritier présomptif du trône), elle avait chargé Bolingbroke de découvrir la durée de la vie du roi. Bientôt après, on accusa de trahison Bolingbroke et South well , chanoine de Saint- Paul , comme auteurs du crime, et la duchesse comme complice. Les premiers , disait-on , avaient , à la sollicitation de la dernière , fabriqué une image en cire , et l'avaient exposée à une chaleur douce , dans la persuasion qu'a mesure que l'image fondrait la santé du roi déclinerait graduellement. Les deux femmes, cependant, furent traduites devant la. cour ecclésiastique [21 oct.]. Jourdemain , comme sorcière relapse , fut condamnée à être brûlée ; Eléonore, sur vingt-huit articles produits contre elle, en confessa quelques-uns, et nia les autres; mais quand on eut entendu les dépositions des témoins [23 oct.], elle cessa de se défendre, et s'en remit à la miséricorde de la cour. Elle fut forcée, pendant trois jours de la semaine , de parcourir sans coiffe , un cierge allumé à la main, les rues de la capitale, et fut ensuite

1. Clericus fatnosissimus unus illorum in toto mundo in astronomid et arte nigroraanticâ. WiH. Wyrces. 461. C'était probablement à canse de sa science qu'il avait été admis dans la maison dtt duc. Ce prince est célébré par les contemporains comme le grand patron des savants. Mne&s Sylvius, depuis le pape Pie II, dans une lettre à Ad im Molins, qu'il loue de son éloquence, dit : « Sed magna; ob hanc causam grates clarissimo il li et doctissimo principi Glocestrias duci, qui studia humanitatis summo studio in regnum vestrum recepit, qui, sicut mihi relatum est, poetas mirifice colit, et oratores magnopere veneratur. > Ep. 64, p. 584.

Page 1