Whethamstede
4. Hall dit que, suivant son chapelain , John Baker, il déplora à son lit de mort, que l'argent ne -pût racheter la vie et que la mort vînt l'enlever lorsqu'il espérait, maintenant que son neveu Gloucéster n'était plus, obtenir la tiare papale. Hall, p. 152. 11 n'est pourtant pas probable que cette idée fut entretenue par un homme de quatre-vingts ans, attaqué d'une maladie mortelle. Trois se- . m aines après la mort du duc, le cardinal se fit porter dans la grande salle de son palais de Wolvesey, où le clergé de la cité et les moines de la cathédrale étaient assemblés. 11 y resta assis au couché, tandis qu'on chantait un obit, qu'on accomplissait la cérémonie funèbre, et qu'on lisait publiquement son testament. Le lendemain matin ils s'assemblèrent de nouveau , on célébra une messe de requiem, et son testament fut lu de nouveau, avec l'addition de plusieurs codicilles. Il prit alors congé de tous , et fut rapporté dans sa chambre. Quel était l'objet de cette singulière cérémonie? je l'ignore; mais elle fut fort admirée de l'écrivain qui y était présent, et suffit pour démentir qu'il soit mort de désespoir. Cont. aist. Croyt. 583.
MO HISTOIRE D'ANliLETERRE.
lament, sos richesses furent principalement distribuées en donations charitables : une somme qui ne s'élevait pas a moins de quatre mille livres était réservée au soulagement des prisonnniers indigents de la capitale , et l'hôpital de Saint-Cross, dans le voisinage de Winchester, existe encore comme un monument durable de sa munificence1.
La mort du duc et du cardinal enlevait à la maison de Lancasler ses deux plus fermes soutiens, et elle éveilla l'ambition de Richard, duc d'York, qui, par la ligne paternelle, descendait d'Edouard Langley, le plus jeune fils d' Edouard III, et, du côté maternel, était devenu, après la mort du comte de March, en 1424. le représentant de Lionel, troisième fils du môme monarque. Mais, s'il commença dès lors à tourner ses regards vers le trône, il eut la prudence de cacher ses intentions jusqu'à ce que l'incapacité de Henri, ou l'imprudence des ministres, lui offrit une occasion de se saisir de cette proie brillante. 11 avait été nommé régent de France pendant cinq ans ; mais le duc de Somerset, qui cherchait a hériter de l'influence de ses parents, le cardinal et le duc de Gloucester, exprima le désir de posséder ce commandement, et York consentit avec répugnance a l'échanger contre le gouvernement d'Irlande. Cet affront lui resta sur le cœur ; il commença a considérer Somerset comme un rival ; et, pour se préparer à la lutte qui s'approchait, il chercha, par son affabilité ot sa munificence , à se concilier- l'affection des Irlandais.
Si Henri se félicitait d'avoir une femme aussi accomplie et aussi belle, ses rêves de bonheur furent troublés par les murmures du peuple. On disait que cette union avec Marguerite avait été achetée trop cher; qu'aucun ministre ne pouvait être autorisé à aliéner l'héritage de la couronne ; et que la cession de l'Anjou et du Maine, ces deux clefs de la Normandie, entraînerait inévitablement la perte de toutes les conquêtes faites par le père
1. Son exécuteur testamentaire offrit au roi un présent de 2,000 1. Henri le refusa, en disant : « Il fut toujours un très-bon oncle pour moi de sap vivant. Que Dieu le récompense ! Remplissez ses intentions. Je ne veux pas prendre son argent. > La somme fut donnée aux deux collèges fondés par le roi à Éton et à Cambridge. Blackm. 294. 11 faut se rappeler qu'il ne reçut aucun intérêt de l'argent qu'il prêta au roi : le seul avantage qu il en put tirer parait avoir eté la confiscation des gages s'ils n'étaient point rachetés, et le remboursement en or au lieu d'argent. Ainsi il demande « que le payement soit fait en or de monnaie d'Angleterre de juste poids : autrement je ne serai pas tenu de remettre aucun desdits gages, quoiqu'on offre de faire ledit payement en argent. > Le roi en conséquence ordonne au trésorier d'effectuer le remboursement, « en or a nos coustages. » Acts of Couii. iv, 231, 248.
CHANTKË HUITIÈME. 517
du roi. Ces plaintes furent méprisées d'abord ; insensiblement elles devinrent plus vives et plus fréquentes : et Sufïblk, pour sa propre sûreté, demanda à être confronté avec ses accusateurs en présence du roi et du conseil [25 mai]. Sa requête fut accueillie ; on entendit les plaidoyers des deux parties ; et le favori* comme on devait s'y attendre, triompha au jugement de Henri [17 juin]. On publia une'proclamation qui déclarait que Suflblk avait agi en fidèle et loyal serviteur, et qui imposait silence à ses accusateurs, sous peine de perdre les charges qu'ils tenaient de la couronne *. Les personnes qui possédaient des concessions de terres dans le Maine n'en mirent pas moins obstacle à la cession du pays; et Charles, fatigué des tergiversations du gouvernement anglais, résolut de couper le nœud avec son épée, et investit la capitale de cette province avec une armée [11 mars 1448]. Henri n'était point en état de recommencer la guerre; et l'évêque de Chichester se rendit a la hâte sur le théâtre des hostilités, livra toute la province à l'exception de Fresnoi, et obtint en retour une trêve de deux ans, et l'assurance que les donataires do la couronne d'Angleterre recevraient de la France une somme d'argent égale à dix années de revenu des terres qu'ils auraient perdues. En même temps, on fit une protestation où il était dit que Henri ne résignait pas son droit à la souveraineté de cette province, mais seulement la possession actuelle, a condition que le père et V oncle de sa femme en toucheraient le revenu2.
Le Maine fut bientôt rempli de troupes françaises, et le duc, alarmé de leur approche, représenta au conseil qu'on avait laissé tomber en ruines presque toutes les forteresses qui étaient sous son commandement ; que les trois états de Normandie, sous prétexte de pauvreté, avaient refusé tout subside; et qu'à moins d'une grande et prompte assistance donnée par l'Angleterre, selon toute probabilité la province serait perdue. Toutefois 3, Charles ne laissa pas à ses adversaires le temps de donner cette assistance. Il étaif arrivé [24 mars] que des soldats, qui s'étaient retirés du territoire cédé, se trouvant sans quartiers et sans subsistance, avaient surpris et pillé Fougères, ville de Bretagne. Somerset, sentant quelles en pouvaient être les conséquences, se hâta de désavouer cette action, et Charles, avec une égale