‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 452 sur 563 · Rot. ParU v · texte numérisé non relu

Rot. ParU v

cel acte était celui du roi seul, et qu'il ne devait pas former un précédent qui les privât, eux ou leurs héritiers, du privilège de la pairie. Bientôt après le parlement fut prorogé, pour se réunir de nouveau, au bout d'un mois, dans la cité de Lcicester *.

Pendant cette procédure, F esprit public avait été dans une fermentation continuelle, et dès que la décision du roi fut publiée, les bruits les plus incroyables circulèrent , • des libelles incendiaires furent affichés aux portes des églises, et la vie du duc fut ouvertement menacée2. Deux mille personnes s'assemblèrent h Saint-Giles pour l'arrêter a sa sortie de prison [18 mars]; mais, quoiqu'ils eussent surpris ses domestiques, l'objet de leur haine eut le bonheur de s'échapper et se rendit sur ses domaines, dans le comté de Suffolks. Au jour fixé pour son départ [30 avril], il assembla les chevaliers et les écuyers des environs, et jura en leur présence qu'il était innocent des crimes dont ses ennemis l'avaient accusé4. En môme temps, il écrivit à son fils une lettre extrêmement éloquente et affectueuse, dans laquelle il lui traçait des règles de conduite et lui recommandait, dans les termes les plus énergiques, ses devoirs de piété envers Dieu, de loyauté envers le roi, et d'obéissance h sa inère. Quiconque a lu cet écrit touchant aura peine à se persuader que l'auteur ait pu être un sujet perfide ou un mauvais homme 5. 11 fit voile d'Ipswich avec deux petits bâtiments, et envoya devant lui une pinasse s'informer s'il lui serait permis de débarquer dans le port de Calais. Mais la pinasse fut capturée par une escadre de vaisseaux de guerre [30 avril], et immédiatement le Nicolas de fa Tour, un des plus grands vaisseaux de la marine, se porta sur les bâtiments du duc. Il reçut ordre de venir h bord , et fut accueilli sur le pont par ce salut significatif du capitaine : « Sois le bienvenu, traître ! » 11 est probable qu'on envoya h terre un messager, pour annoncer qu'il était pris et demander des instructions, car le duc

1. Rat. Pari, v, IH'2, 183. Si lf roi fit prononcer cette sentence de sa propre autorité, certainement elle était illégale; mais elle parait avoir été la conséquence d'un compromis lait entre les deux partis. Wyreester dit que ce fut avec le consentement du parlement (p. 408); et le continuateur de VHigtoire de Croyland donne à entendre que les ennemis de Suffolk avaient V intention de se défaire de lui, avant qu'il ne quittât le royaume. Insidias ci ponentes ad tempus, p. 535.

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