‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 463 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

ment de Calais, asile très-important en cas de malheur, fut ôté h Somerset, et donné, pour le même espace de temps, au duc d'York1,

La maladie du roi ne continua pas. Vers Noël, il recouvra la santé, et avec elle, l'usage de sa raison * Quoiqu'il reçût le duc d'York avec sa bonté ordinaire, il mit lin au protectorat, et fit sortir le duc de Somerset de la Tour [5 février 1655]. D'abord ce seigneur donna caution qu'il paraîtrait à Westminster pour répondre aux accusations portées contre lui; mais sur son appel au conseil comme ayant été emprisonné sans cause légitime, il fut dispensé de ses obligations. Henri travailla avec ardeur a réconcilier les deux ducs, [/i mars.] Gomme le gouvernement de Calais, qu'on avait retiré à Somerset et donné h York, paraissait devoir ôtre une source naturelle de dissension, le roi le prit pour luimôme, et les décida tous deux à soumettre, sous peine d'une amende de vingt mille marcs, leurs autres différends a la décision de huit arbitres qui présenteraient leur sentence avant le 20 juin .

York, toutefois, n'avait pas l'intention d'attendre cette sentence ; mais il saisit la première occasion de se retirer de la cour, invita ses amis à le rejoindre dans les marais des Galles, et se vit bientôt à la tete de trois mille hommes,Htvcc le duc de Norfolk, le comte de Salisbury et son fils le célèbre comte de War-

la mer. La flotte se composait de huit grands vaisseaux pontés à l'avant, portant chacun 150 hommes ; huit chalands en portant 80, huit bélandres 40, quatre pinasses 25. Chacun des grands vaisseaux avait un capitaine, qui était chevalier, outre un maître. Les chalands et les bélandres avaient aussi des maîtres. La dépense des provisions pour chaque homme était estimé à 2 pence par jour, sa paye à 2 shillings par mois. Les bâtiments devaient être en mer depuis la Chandeleur jusqu'à la Saint-Martin ; et dans le cas où ils feraient quelques prises, la valeur en devait être divisée en deux moitiés, dont l'une appartiendrait aux maîtres, quartiers-maîtres, matelots et soldats; l'autre devait être subdivisée en trois parts égales, dont deux devaient être données aux propriétaires des vaisseaux, chalands, bélandres et pinasses, et une aux capitaines, qui devaient en faire huit portions, deux pour le commandant en chef, et une pour chacun des autres, tbid. 59, 60.

1. Rot. Pari, v, 254-350. A la mort de Kempe, archevêque de Canterbury et chancelier, York donna les sceaux à son grand ami, le comte de Salisbury, App. 2, 1454. Voyez Rym. «, 344.

2. Fenn's Lctters , i, 80. < Et dans l'après-midi du lundi, la reine vint à lui, et amena avec elle mon seigneur le prince, et là il demanda quel était le nom du prince, et la reine lui dit, Edouard, et alors il leva les mains au ciel et en remercia Dieu. Et il dit qu'il n'avait pas su jusqu'à ce moment ni ce qu'on lui disait, ni où il était, tant qu'il avait été malade. » Ibid.

3. Rym. 801-364. Les arbitros étaient l'archevêque de Canterbury, l'évoque d'Ely, le duc de Buekingham, les comtes de Wiltshire et de Worcester, le vicomte Beaumont et les lords Cromwell et Stourton. Ibid. Le duc d' Exe ter sortit aussi du château de Pontefract, où il était emprisonné. Rym. xi,365.

ÔSti HISTOIRE D'ANGLETERRE.

wick. A cette nouvelle, Henri quitta Londres, et le lendemain de grand matin [22 mai], comme il entrait à Saint-Alban's, il fut surpris de voir les bannières des yorkistes qui s'avançaient vers la ville. Ils firent halte dans un champ voisin ; et après une pause de trois heures, ils envoyèrent un message au roi avec de fortes protestations d'attachement et de loyauté, mais demandant qu'on leur livrât immédiatement Somerset et ses adhérents, et déclarant qu'ils mourraient eux-mêmes, ou poursuivraient leurs ennemis à mort. Henri refusa avec fermeté, disant que « plutôt que d'abandonner aucun des lords qui lui étaient fidèles, il était prêt en ce jour à vivre et mourir avec eux » Quoique les barrières a l'entrée de la ville fussent vaillamment défendues par le lord Clifford, Warwick pénétra dans la rue par les jardins, et ses troupes remplirent l'air des cris de un Warwick ! un Warwick î A ce bruit, l'alarme se répandit parmi les royalistes; les barrières furent abandonnées; les yorkistes s'y précipitèrent, et remportèrent la victoire.

Henri s'était réfugié dans la maison d'un tanneur, où le duc le visita immédiatement : il fléchit le genou avec une apparente humilité, engagea le roi à se réjouir de ce que le traître (voulant dire Somerset) avait eu ce qu'il méritait; et le prenant par la main , il le conduit d'abord a la châsse de Saint-Alban , puis à son appartement dans l'Abbaye. Il paraît que la bataille fut gagnée par les archers. Henri fut blessé au cou , le duc de Buckingham et lord Dudley au visage , le comte de Stafford au bras, tous par des flèches. Le duc de Somerset, le comte de Northumberland et le lord Clifford furent tués ; et dès qu'ils tombèrent , leurs hommes jetèrent bas les armes et s'enfuirent2. Quelques écrivains nous disent que le nombre des morts s'éleva à plusieurs milliers ; mais une lettre écrite trois jours après la bataille le réduit à cent vingt, et sir William Stonor, intendant de l'Abbaye à cette époque, paraît l'évaluer plus bas encore 3.

L'infortuné roi , au pouvoir et à la merci de ses ennemis , fut forcé de prêter la sanction de son autorité aux actes même qui le privaient de sa liberté. Quand le parlement s'assembla [9 juillet],

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