Rot. Parh v
3. Hall dit 8,000 (p. 168), Stow, 5,000 (p. 400); mais Crâne, dans sa lettre à son cousin John Paston, datée de la Pentecôte, avait d'abord écrit 200, qu'il changea ensuite en 120. Fenn's Letiers, i , p. 100. Selon sir William Stonor, 48 furent enterrés à Saint-Alban's. Arch. xx, 522. En général, les chiffres sont exagérés dans les anciens écrivains.
CIÏAlMTKi: Ul'lTIKMK» )ST
on lui dit que York et ses adhérents avaient été guidés dans toute leur conduite par les sentiments de la plus pure loyauté; que leur seul objet avait été de l'éclairer sur les honteuses menées de ses ministres, et de l'aider de leurs avis à soulager les souffrances de la nation ; qu'avant la bataille ils avaient annoncé leurs motifs et leurs vues dans des lettres soustraites à ses regards par les artifices du feu duc de Somerset , de Thorpe, ancien orateur de la chambre des communes1, et de William Joseph, le confident de ces traîtres; qu'enfin ils avaient résolu de lui exposer leurs plaintes on personne ; mais qu'au moment où ils'entraient a cet effet dans la ville de Saint-Alban's, ils avaient été arrêtés par Somerset, qui, dans l'affaire qui était survenue, avajt payé de la vie sa • trahison. Le roi, feignant d'ajouter foi à ce conte incroyable, acquitta York, Warwick et.Salisbury de toutes menées déloyales, les déclara bons et fidèles sujets* et leur accorda plein pardon pour tous les délits commis avant le premier jour de la session. Les pairs renouvelèrent leur serment de fidélité [18 juillet*], les lords spirituels en posant la main droite sur leur cœur, les lords temporels en mettant leurs mains entre celles du roi. Le dernier jour de juillet, le parlement fut prorogé au 12 novembre2.
Vers la fin d'octobre, le bruit courut que Henri avait été repris de son ancienne maladie, et le duc d'York ouvrit la session comme lieutenant du roi [12 nov.]. Le lendemain, les communes requirent les lords de demander au roi que s'il était hors d'état de s'occuper lui-même des affaires publiques on nommât immédiatement un protecteur. Deux jours après [15 nov.], elles renouvelèrent leur requête, ajoutant que, jusqu'à ce qu'on l'eût agréée, elles suspendraient l'examen de tout autre objet. Dès qu'elles eurent quitté la chambre, les lords conjurèrent \e duc d'York de se charger de ces fonctions ; mais, avec une fausse humilité, il al-
1. Thorpe était à la bataille; « lui et beaucoup d'autres s'enfuirent, et laissèrent leurs armes derrière eux lilchcment. » Ibid. La lettre même ouremontrance qu'on dit avoir été retenue, était dernièrement ci» la possession de M. Thorpe.
2. Rot. Pari, y, 275-283. 11 paraît que les Yorkistes se querellèrenf entre eux. Le jour où ils jurèrent fidélité « il y eut des propos "entre my lords de Warwick et Cromwell devant le roi, sur ce que le lord Cromwell voulut s'excuser d'avoir
fn'ovoqué ou occasionné la mauvaise journée (la bataille) de Saint-Alban's, de aquelle excuse my lord de Warwick eut connaissance, et il vint en hâte auprès du roi, et jura sur sa foi que le lord Cromwell ne disait point la vérité, mais que c'était lui qui avait commencé toute cette journée de Saint-Alban's; et ainsi entre mes dits lords de Warwick et*Cromwell il y a aujourd'hui tant de ressentiment que le comte de Shrewsbuçy s'est logé à l'hôpital Saint-James , à côté des Mews, sur le désir du lord Cromwell et pour sa sauvegarde. » Fetm 's Leiters, r, 110. Dans cette session on passa un acte, déclarant que le duc de Gloucester avait été jusqu'à sa mort un sujet loyal. Whetham. 305. Rot. Pari v, 335.
538 ' 11IST0IKE D'ANGLETEKKE.
légua son incapacité , et les sollicita de choisir dans leur corps un pair plus digne de cet honneur et plus propre à porter ce fardeau. Ils répondirent en renouvelant leur prière avec force compliments sur ses talents et sa sagesse. Quand cette comédie eut duré assez longtemps, il consentit h accepter le protectorat, mais à condition que cet office ne serait pas, comme auparavant, révocable «à la volonté du roi, mais par le roi en parlement, de l'avis et avec l'assentiment des lords spirituels et temporels *. » Cependant les pouvoirs du^ouvernemcnt furent remis aux membres du conseil et non à lui ; mais cette disposition n'avait pour but que de fermer les yeux a la nation ; car il s'était assuré d'avance la majorité dans le conseil ; et la charge tle chancelier et le gouvernement de Calais furent donnés à ses partisans les comtes de Salisbury et de Warwick2. ^ *
[1456.] Après ces arrangements, le protecteur pouvait se croire en sûjeté, et attendre une époque convenable pour échanger son titre actuel contre un titre encore plus élevé. Mais le caractère doux et inoffensif de Henri lui avait conservé des amis qui ne voulaient pas qu'on le dépouillât de son autorité ; et l'esprit altier de la reine cherchait toutes les occasions de s'opposer aux prétentions rivales des yorkistes. Quand le parlement se rassembla après les vacances , Henri était revenu h la santé. Pour fortifier son parti, York avait appelé a la chambre sir Thomas Stanley et sir Richard .West ^14 janvier]. Mais les esprits étaient favorables au roi : Henri se rendit en personne au parlement [25 février], et la commission du protecteur fut formellement révoquée 3.
Le duc descendit de ce poste élevé avec une bonne volonté apparente ; te comte de Salisbury résigna le grand sceau , et les charges du gouvernement furent de nouveau remplies par les amis du roi. Deux années se passèrent sans aucun événement important ; mais ce furent deux années de méfiance et d'alarmes ; les parents dés lords tués h Saint-Alban's demandaient hautement vengeance; et leurs adversaires s'entouraient de bandes d'hommes armés et fidèles. Henri convoqua un grand conseil a Coventry [1467], et, par la bouche de son chancelier, communiqua h
1. Dans l'acte quj confirmait cette nomination, ainsi que dans celui qui confirmait la précédente , on introduisit une clause qui transférait le protectorat au prince de Galles, dès qu'il aurait atteint 1 age'de discrétion, lbid. 288.
2. Rot. Pari, v, 983-21)0, 441. Younp, qui avait été emprisonné pour sa motion hardie en faveur du duc d'York, présenta une pétition où il réclamait des dommages à cause de son emprisonnement, lbid. 337.