‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 466 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

lieu. Les trois lords sollicitèrent activement l'assistance de leurs partisans ; et Warwick, en particulier, appela sous sa bannière les vétérans qui avaient servi dans les dernières guerres de Normandie et de Guienne. La cour distribua avec profusion des colliers de cygne blanc, emblème du jeune prince, et par des lettres sous le sceau privé invita les amis du roi a le rejoindre en armes dans la cité de Leicester 1 [10 mai 1459]. La dissension ne s'arrêtait plus aux hautes classes : elle divisait presque toutes les familles de la nation ; elle avait pénétré dans les couvents des moines et dans les cabanes des pauvres. Un parti soutenait que le duc d'York était un prince outragé qui, ainsi que ses alliés, était foulé aux pieds par les mignons de la cour, et forcé de s'armer pour défendre sa vie : l'autre le déclarait un traître, qui sous de faux prétextes cherchait à se placer sur le trône, et qui devait à la clémence du roi une vie dont les lois l'auraient déjà privé2. La plus grande partie de l'été se passa sans événement important. Enfin le comte de Salisbury quitta son château de Middleham pour se joindre au duc d'York sur les frontières de Galles. Le lord Audley, avec dix mille hommes, se mit entre eux à Bloreheath dans le Staffordshire. Salisbury, dont les forces étaient peu considérables, feignit de fuir [23 sept.] ; les royalistes le poursuivirent en désordre ; et dès qu'une moitié d'entre eux eût passé un torrent rapide, les fuyards se retournèrent, tombèrent sur les assaillants dans le vallon, et remportèrent aisément une victoire complète. Audley resta sur le champ de bataille avec plus de deux mille hommes ; le lord Dudley fut pris avec beaucoup de chevaliers et d'écuyers. Le comte mena ses troupes, sans plus être inquiété, à Ludlow, où il trouva le duc d'York, et fut, peu de jours après, rejoint par son fils, qui venait de Calais avec un corps nombreux de vétérans sous les ordres de sir John Blount et de sir Andrew Trollop s.

Le roi était à Worcester avec une armée de soixante mille hommes, et avait envoyé l'évêque de Salisbury à ses adversaires avec des offres de réconciliation et de pardon, s'ils voulaient se soumettre dans l'espace de six jours. Ils répondirent qu'ils n'avaient aucune confiance en ses promesses ; que ses amis, comptant sur leur propre faveur, transgressaient ses ordres ; et que,

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