CHAPITRE HUITIEME. M
partie de l'arrêt qui confisquait les biens de lord Powis et de deux autres, qui s'étaient remis à sa merci le lendemain matin de la fuite de leurs chefs *.
Dans cette situation désespérée, les espérances et la fortune des yorkistes reposaient sur les talents et la popularité du comte de Warwick, à qui, par une erreur des plus fatales, on avait permis de conserver le commandement de la flotte et le gouvernement de Calais. Il fut alors remplacé dans tous deux ; dans le premier par le duc d'Exeter, dans le second par le duc de Somerset. Mais quand Somerset se prépara à entrer dans le port, il fut repoussé par le feu des batteries ; et dès qu'il eut débarqué à Guisnes, ses vaisseaux furent emmenés par ses propres matelots à leur commandant favori à Calais [1" juin 1460]. Ce fut une acquisition importante pour Warwick, qui, tandis que Somerset et ses vétérans étaient retenus dans l'inaction à Guisnes, surprit deux armements successifs fait par les royalistes dans les ports du Kent. 11 fît même voile jusqu'à Dublin pour concerter ses mesures avec le duc d'York, et h son retour, il fut rejoint par le duc d'Exeter ; mais ce commandant, alarmé du mécontentement que manifestait sa flotte, entra à Dartmouth, et Warwick alla retrouver ses amis à Calais 2.
Le résultat de la conférence de Dublin fut bientôt dévoilé. On envoya des émissaires à tous les amis du parti, pour leur dire de se tenir prêts à agir, et on répandit le bruit que Henri n'avait pas donné son assentiment à l'arrêt; qu'il était toujours convaincu de l'innocence des exilés, et qu'au lieu d'être libre il était retenu captif aux mains d'une faction. En même temps, on fît circuler un appel fait a la nation par le duc d'York, dans lequel il énumérait tous les fardeaux qui pesaient, disait-on, sur le peuple ; il accusait les comtes de Shrewsbury et de Wiltshire et le lord Beaumont de guider le roi contrairement à ses propres intérêts ; il se plaignait de l'arrêt rendu contre lui et ses amis ; affirmait qu'on avait écrit au roi de France d'assiéger Calais, et aux Irlandais de chasser les Anglais, et déclarait que les lords fugitifs étaient de fidèles sujets, et qu'ils avaient l'intention de prouver