‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 470 sur 563 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

d'York entra dans la cité [10 oct.] avec une escorte de quinze cents cavaliers, et, allant à Westminster , pénétra par la salle dans la chambre, et se tint quelque temps la main posée sur le trône. 11 parut aux spectateurs attendre l'invitation de s'y placer. Mais toutes les voix restèrent silencieuses. 11 se tourna, et examina rassemblée, et alors le primat se hasarda à lui demander s'il voulait visiter le roi, qui était dans l'appartement de la reine. « Je ne connais personne dans ce royaume, répliqua-t-il, qui ne doive plutôt me visiter; » et quittant la chambre, il s'appropria la partie du palais qui avait été habituellement affectée au logement du monarque

C'était la première fois que le duc avait publiquement élevé cette prétention ; mais, quoiqu'il fût réellement en possession de l'autorité royale , le peuple n'était pas disposé à priver Henri de la couronne. Le caractère doux et inoffensif du roi intéressait fortement en sa faveur. Sa famille était assise sur le trône depuis trois générations; il l'occupait lui- môme depuis trente-neuf ans; la plupart de ses adversaires devaient leurs honneurs, beaucoup d'entre eux leurs domaines, à sa générosité. York lui-même , en héritant du comte de March , dont il se réclamait , avait juré féauté et fait hommage à Henri ; lorsqu'il accepta le gouvernement de la Normandie, lorsqu'il fut nommé lieutenant en Irlande, lorsqu'il fut élevé au protectorat pendant l'incapacité du roi, il l'avait , sous son sceau et sur les rôles du parlement , reconnu pour souverain, et dernièrement , il avait juré à plusieurs reprises, sur l'hostie, de lui être fidèle, de le maintenir sur le trône, et même d'augmenter, s'il était possible, la dignité royale. Pour ces raisons, beaucoup de ses adhérents ne voulurent jamais croire que son intention fût de détrôner Henri, et lorsqu'il en fit la tentative, il vit soudain ses espérances se briser contre leur apathie et contre les murmures du peuple 2.

Le neuvième jour de la session [16 oct.], le duc d'York remit par son conseil à l'évêque d'Exeter, le nouveau chancelier, un

jusqu'à quel point cela était vrai dans l'espèce; cependant il est à remarquer que les shérifîs sollicitèrent un bill d'indemnité, non pour avoir envoyé de faux députés, comme quelques écrivains l'ont imaginé, mais pour avoir tenu les élections conformément à l'ordonnance , après que l'année de leur charge était expirée, contrairement au statut de la vingt-troisième année du règne. Ibid. 367.

Page 1