Wyrcest 486. Contin. Croyl
bbO HISTOIRE D'ANGLETERRE.
fils, et les embrassa avec des transports de joie. Il périt environ deux mille hommes dans cette bataille. Le lendemain [18 fév.], le lord Bonville et sir Thomas Kyriel eurent la tête tranchée en représailles des exécutions de Hereford *,
Ainsi, par une autre révolution inattendue, Henri fut rendu à ses amis et placé à la tête d'une armée victorieuse. S'il eût pu conduire immédiatement cette armée à la capitale, les citoyens eussent été forcés d'ouvrir les portes; mais ses soldats étaient principalement des frontières, accoutumés à vivre de rapine, et avaient été attirés sous l'étendard royal par la promesse du pillage. Aucune prière ne put les décider à marcher en avant; aucune défense les empêcher de se disperser pour piller le pays; et la nécessité de protéger leurs propriétés attacha aux bannières de la maison d'York les citoyens de Londres et les habitants des comtés voisins. Henri annonça par une proclamation que son assentiment au dernier décret lui avait été arraché par la violence, et donna des ordres pour l'arrestation immédiate d'Edouard, ex-comte de March, et fils du feu duc d'York 2 [22 fév.]. Mais Edouard avait réuni ses forces à celles du comte de Warwick ; et leur supériorité numérique engagea les royalistes à se retirer promptement dans les comtés du nord. Ils ne furent pas poursuivis. Edouard avait en vue un objet plus important, et il entra dans Londres avec toute la pompe d'un monarque victorieux [25 février]. Sa jeunesse (il avait dix-neuf ans), sa beauté et son mérite, la malheureuse destinée de son père et de son frère, la renommée de ses derniers succès, et les ravages des royalistes, concoururent à multiplier le nombre de ses adhérents. Afin de sonder les dispositions des citoyens, le lord Falconberg passa en revue quatre mille hommes dans les champs, et Neville, évêque d'Exeter, saisit cette occasion pour haranguer les spectateurs sur l'invalidité des droits et l'incapacité de Henri, et sur la légitimité du titre et les talents d'Edouard [2 mars]. Les acclamations qui suivirent ce discours furent considérées comme une
preuve des sentiments du peuple; et le lendemain [3 mars], il •
h Wyrcest. 480. ^hetham. 41*7-50}. Cont. Croyl. 550. On a dit souvent que Bonville et Kyriel accompagnaient le roi, et se seraient enfuis ; mais que Henri leur persuada /de Tester, en leur donnant «a par.ole qu'on ne les exécuterait point. Ces écrivains contemporains n'en parlent pas, et Wyrcester soutient expressément que ce fut le lord Montague qui fut pris avec Henri. Cependant, dans l'acte de condamnation rendu dans la première année du règne d'Edouard IV, il est dit qu'ils avaient reçu de lui une promesse de protection. Rot. Pari, v, 477.
•J. Rot. Pari, v, 466.