Dunst. 651-655. West. U9. Wals. 68, 69. Heming
lii HISTOIRE D'ANGLETEIIKK.
Si Edouard n'eût exercé sa rapacité que sur les membres du clergé, il aurait peut-être pu continuer de mépriser leurs remontrances; mais les aides qu'il levait annuellement sur les francstenanciers, les tailles qu'il demandait si fréquemment aux cités et aux bourgs, et les droits additionnels qu'il extorquait aux commerçants, avaient excité un mécontentement général. La laine et les cuirs étaient les deux grands articles de commerce ; l'exportation n'en était permise qu'aux négociants étrangers, et la loi la bornait a onze ports en Angleteire et a trois en Irlande. Au commencement de son règne, le droit sur chaque sac de laine avait été élevé a un demi-marc ; mais les besoins du roi augmentaient incessamment ; et durant sa querelle avec le roi de France, il exigea cinq marcs par sac de laine fine, trois par sac de laine commune, et cinq par last de cuirs. Dans une occasion, il extorqua aux commerçants un prêt de la valeur de toute la laine qu'ils exportaient : dans deux autres circonstances, il saisit et vendit la laine et les cuirs a son profit. Il étendit même ses mains rapaces sur les produits du sol, et sur la subsistance de ses sujets; et pour approvisionner son armée en Guiennc, il donna l'ocre à chaque shériff de rassembler, au moyen d'une cotisation forcée des propriétaires fonciersde son comté, un certain nombrede bestiaux, et deux mille quarts (16,000 boisseaux) de froment1 . Cette réquisition était accompagnée d'une promesse de payement futur ; mais la patience de la nation était épuisée. On commença à délibérer, et h faire des préparatifs de résistance. Edouard avait assemblé deux corps de troupe : avec l'un, il comptait faire voile pour la Flandre; l'autre, il le destinait à renforcer l'armée de Guienne. À Salisbury [24 février !, il donna le commandement de ce dernier a Bohun, comte de lïereford, connétable, et h Bigod, comto de Norfolk, maréchal d'Angleterre ; mais ces deux seigneurs refusèrent, alléguant que, par leur charge, ils n'étaient tenus qu'à suivre la personne du roi. Edouard, dans un accès de fureur, s'adressant au maréchal, s'écria : « Par le Dieu éternel, sire comte, vous irez ou vous serez pendu. » « Par le Dieu éternel, sire roi, repartit Bigod, je n'irai ni ne serai pendu. » Hereford et Norfolk partirent immédiatement : ils furent suivis de trente bannerets et de quinze cents chevaliers ; et les officiers royaux, intimidés par leurs menaces, cessèrent de lever l'approvisionnement. Edouard vit qu'il était nécessaire de dissimuler, et il somma