CHAPITRE NEUVIÈME
observer l'origine et le progrès des jalousies et des dissensions qui détruisirent l'amitié de Warwick et d'Edouard, et qui amenèrent la fuite de ce dernier et la restauration de Henri1. Mais quant à la plupart des événements qui suivent, il se contentera d'une simple et fort incomplète narration; car, bien qu'ils soient extraordinaires de leur nature et très-importants dans leurs résultats, il est impossible de découvrir, dans les documents confus et mutilés du temps, les causes immédiates qui les produisirent ou les rapports secrets qui les rattachaient l'un à l'autre.
1. George, l'aîné des frères vivants d'Edouard, avait reçu, avec le titre de duc de Clarence, un revenu proportionné à son rang, et avait été nommé à la lientenance d'Irlande, office qu'en raison de son âge on lui permit de remplir par son délégué, le comte de Worcester. Ce jeune prince, mécontent de l'ascendant des Wydevile, s'absentait fréquemment de la cour, et préférait à la compagnie de son frère celle du comte de Warwick. On trouverait peut-être une autre cause de cette préférence dans l'attachement qu'il avait conçu pour Isabelle, fille de ce seigneur. Clarence était encore le plus proche héritier mâle du trône, et Edouard, qui connaissait l'ambition de Warwick, faisait tous ses efforts pour empêcher le mariage de ces jeunes gens. Ils furent infructueux, et la cérémonie se fit sans son consentement, dans l'église de Saint-Nicolas, à Calais, par l'oncle de l'épousée, l'archevêque d'York [11 juillet].