‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 51 sur 563 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Bohuri et Bigod , avec une suite nombreuse , se rendirent à l'échiquier. Le connétable, en présence du trésorier et des juges, se plaignit des extorsions du roi , de ses saisies illégales de propriétés privées , et de rénorme droit imposé sur la laine, et lour défendit, au nom du baronnage de l'Angleterre, de lever le dernier huitième accordé par le grand conseil, parce qu'il avait été voté sans qu'il en eût connaissance, et sans son concours ni celui de ses amis1. De l'échiquier, ils allèrent à cheval a l'hôtel de ville, où ils invitèrent les citoyens à se joindre à eux pour la cause commune, et à les aider a arracher la confirmation des libertés nationales au mauvais vouloir d'un souverain despotique. Les larmes que les habitants de Londres avaient versées pendant la harangue d'Edouard, se séchèrent; les considérations d'intérêt arrêtèrent l'élan de la pitié ; et ils donnèrent l'assurance de leur coopération aux barons , qui se retirèrent immédiatement dans leurs comtés respectifs. Tous deux avaient marché vers la capitale, et en étaient revenus dans un attirail militaire. Mais en môme temps, ils avaient eu soin de conserver la paix, et avaient menacé par une proclamation de punir toute agression illégale par l'amputation immédiate de la main ou la perte de la tète , selon la nature du délit2.

Le roi f# bientôt informé de ce qui s'était passé , et ordonna aux barons de l'échiquier de ne point tenir compte de cette prohibition. Mais, au bout de quelques semaines, son obstination fut vaincue par une série d'événements malheureux. Le peuple et le clergé favorisaient universellement la cause des comtes; les Ecossais, après leur victoire de Stirling, avaient fondu sur les comtés du nord, et Edouard lui-môme était à Gand en Flandre, sans pouvoir revenir protéger son royaume , et trop faible pour affronter les forces supérieures du roi de France- Dans ces circonstances , les lords qui composaient le conseil du jeune prince invitèrent l'archevêque, six prélats, vingt-trois abbés et prieurs, le connétable et le maréchal, et huit barons, à traiter avec eux sur des matières de la plus grande conséquence, et convoquèrent un parlaient, qui devait s'assembler sous huitaine à Londres, et être témoin delà confirmation des deux chartes3 [30 sept.]. Dans 1rs

1. Edouard dit qu'il avait été accordé par les grands seiçneurs qui étaient avec lui : les graunt seigneurs, qui n'adguers furent ovec lui [Rym- n? 784;. Bobun objecta que «es amis n'en avaient pas connaissance. De conscientiâ suorum non émanasse. West. 431.

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