‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 516 sur 563 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

iiance. Il en est deux que je dois mentionner: le docteur Morton, curé de Blokesworth, et sir John Fortescue, lord chef de justice, qui tous deux avaient assisté à la bataille deTowton, et tous deux avaient été condamnés par acte du parlement. Dans leur pétition à Edouard, ils se servent presque des mômes expressions : « Us sont aussi chagrins et aussi repentants que possible de tout ce qu'ils ont fait au déplaisir de son altesse, le roi ; et protestent qu'ils sont et seront toujours fidèles hommes liges et les obéissants sujets de leur souverain seigneur. » Edouard, qui connaissait les talents de Morton, lui avait déjà accordé son pardon, et l'avait fait garde des rôles. Bientôt après, il le promut a l'évêché d'Ely. Son attachement au fils de son bienfaiteur lui valut l'inimitié de Richard III, et c'est h ses conseils que fut attribuée plus tard la déposition de cet usurpateur et la fin de la discorde civile, par Punion des deux roses dans le mariage de Henri VII avec la princesse Elisabeth. Sir John Fortescue avait accompagné Marguerite et son fils durant leur exil, et avec le titre de chancelier on lui avait confié l'éducation du jeune prince. Tandis qu'il était avec Henri en Ecosse, il avait écrit un traité en faveur des prétentions de la maison de Lancaster, contre celles de la maison d'York. Mais il pouvait soutenir avec une égale habileté les deux côtés de la question ; et, après la mort de Henri, il écrivit un second traité en faveur des prétentions de la maison d'York contre celles de la maison de Lancaster. Ce dernier parait avoir été exigé pour prix de son pardon Dans sa pétition, il assure au roi « qu'il a si clairement réfuté tous les arguments qui ont été présentés contre ses droit et titre, qu'il ne reste maintenant aucune couleur ou sujet d'argument au détriment ou discrédit des mômes droits et titre au moyen d'aucun écrit pareil, mais que ces mêmes droit et titre sont maintenant d'autant plus clairs et plus patents que de pareils écrits ont été faits contre eux. 1 »

1. Voyez Rot. Pari, vi, 96, G9. Il soutenait dans son premier ouvrage que Philippa, fille de Lionel, duc de Clarence, sur qui la maison d'York appuyait sa prétention, n'avait jamais été reconnue par son père; dans le second, qu'elle était sou enfant et héritière légitime. Voyez des extraits des deux traités dans « Tbe hereditary right asserted, » p. 334, 235, et App. i, n, tiré des Mss. cottotiiens, Othon, B. i. — Mais le plus important des ouvrages de ce savant juge est son traité De laudibus îegum Angliœ, qu'il écrivit en exil pour l'instruction du jeune prince, qui fut assassine après la bataille do Tewksbury. Il informe son royal élève que la monarchie anglaise n'est pas absolue, mais limitée.' Dans la monarchie absolue, qui est fille de la force et de la conquête, la volonté du prince fait la loi ; dans la monarchie limitée , qui provient du libre choix des nommes pour leur propre sûreté et convenance, le roi ne peut ni faire des lois, ni prendre les biens de ses sujets sans leur consentement (c. 9, 13, 13, 14). Quant aux avantages supérieurs de cette dernière , le jeune prince n'en pouvait

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Ainsi, après bien des combats sanglants et les plus surprenantes vicissitudes de fortune, le chef de la maison d'York s'assit sur le trône d'Angleterre sans compétiteur apparent. Son fils aîné, qui était né dans le sanctuaire durant son exil et avait aussi été nommé Edouard, fut maintenant créé prince de Galles et comte de Chester [26 juin 1671], et fut reconnu comme héritier présomptif dans un grand conseil de pairs et de prélats1 [3 juillet]. Les partisans de la maison de Lancaster n'avaient point de chef en Angleterre : les maraudes du comte d'Oxford étaient devenues un sujet de risée plutôt que de terreur, et le roi était délivré de toute appréhension du côté de l'Ecosse par les espérances que donnaient ses négociations avec ce royaume2. Sa principale inquiétude naquit de l'insatiable rapacité de ses frères, les ducs de Clarence et de Gloucester. Les immenses biens du feu comte de Warwick provenaient de deux sources : l'héritage de son père, le comte de Salisbury, et les possessions de sa femme Anne, héritière de la noble et opulente maison de Beauchamp. Clarence, qui avait épousé la fille aînée de Warwick, se saisit de toute la succession ; Gloucester se proposa, en épousant la cadette, veuve du feu prince de Galles, d'en réclamer pour lui-même une part proportionnée. Pour déjouer le projet de son frère, Clarence déroba la veuve aux poursuites de Gloucester; mais, quelques mois après, elle fut découverte à Londres, déguisée en fille de cuisine, et, pour plus de sûreté, elle fut conduite au sanctuaire de Saint-Martin. Clarence ne put empêcher le mariage; mais il jura que Gloucester « ne lui enlèverait pas une part de sa subsistance. » Le roi tâcha de réconcilier les deux frères : ils plaidèrent

avoir aucun doute, s'il voulait comparer la situation des basses classes dans son pays avec celle des classes semblables en France. Il verrait que les Anglais étaient mieux vêtus, mieux nourris, et jouissaient en plus grande abondance des aises de la vie (c. 35, 36). 11 en vient ensuite à donner la préférence aux lois anglaises sur les lois romaines; V parce que le jugement par jury est supérieur à celui par témoins; et à la question du jeune Edouard pourquoi alors les autres nations ne l'adoptent pas, il répond qu'elles ne le peuvent point,* parce que dans aucun autre pays on ne saurait trouver un tel nombre de tenanciers aisés, en état de servir de jurés; car le parjure d'un juré était puni par la confiscation de toute sa propriété immobilière et mobilière; et s'il y en avait nui voulaient la risquer, les autres ne le voulaient pas (567 j; 2° parce qu'elles déclarent bâtards les enfants nés avant mariage, tandis (pie la loi civile les légitime; 3° parce qu'elles font suivre à l'enfant la condition du père, et non celle de la mère; 4° parce qu'elles refusent la tutelle des orphelins à ceux qui légalement hériteraient de leurs biens , etc. Ce traité mérite attention , en ce qu'il montre les idées qui prévalaient alors relativement à la nature de la constitution anglaise et aux libertés des sujets.

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