‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 517 sur 563 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

à plusieurs reprises leur cause devant lui au conseil; ou nomma des arbitres, et enfin on rendit un arrêt qui, après avoir assigné à Anne sa dot, laissait le reste des biens a Isabelle, la sœur aînée 1 [20 janvier 1473]. Tout ceci se passait du vivant de la comtesse leur mère, a qui, d'après la loi, appartenaient les possessions de son frère et de son père, ainsi que le douaire que. lui avait assigné son mari'2. Mais ses intérêts furent négligés. Un acte du parlement [mai 1<V7/i j décida que les filles hériteraient comme si leur mère était morte; que, si Tune d'elles mourait avant son mari, il resterait en jouissance de sa dot pour le terme de sa vie naturelle; et que, si un divorce était prononcé entre Richard et Anne, Richard aurait toujours le bénéfice de cet acte, pourvu qu'il l'épousât ou fit ses efforts pour l'épouser de nouveau3. Cependant les deux frères n'étaient pas rassurés. Pour prévenir toute réclamation du fils du marquis Montague, frère de Warwick, il fut décrété que Clarence et Gloucester et leurs héritiers jouiraient de certaines terres, ancienne propriété du comte, tant qu'il existerait quelque descendance mâle du corps du marquis [juillet]. Par ces actes du parlement et la concession de différents honneurs et émoluments, on satisfit aux demandes des frères du roi -, mais il s'était allumé dans leur sein une haine secrète qui était prête à éclater a la première et à la plus insignifiante provocation4.

Délivré enfin de tout sujet d'inquiétude au dedans, Edouard tourna son attention sur les affaires des puissances étrangères. Louis, roi de France, et Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, étaient depuis longtemps ennemis implacables. Ce dernier, avec son allié le duc de Bretagne, sollicita Edouard de poursuivre l'ancienne prétention des monarques anglais a la couronne de France. Sa reconnaissance pour les servives qu'il avait reçus de

1. Fenn, ii, 90. Durant cette querelle, sir John Paston écrit ceci: « Le monde semble avoir mal au cœur ici. La plupart de ceux qui entourent le roi ont fait venir leur harnois de guerre. On dit pour certain que le duc de Clarence fait le fort autant qu'il peut; faisant comme s'il voulait seulement avoir affaire au duc de Gloucester: mais le roi compte être aussi fort qu'eux deux. Certaines pens pensent qu'il y a là-dessous quelque dessein cache, et qu'il se trame quelque conspiration : ainsi ce qui arrivera, je ne puis le dire. » Fenn, u, Ul, 13 avril 1473.

2. Elle avait été, depuis la mort de son mari, dans le sanctuaire de Beverley; mais en juin 1473, elle fut transférée dans le nord par sir J. Tyrrell. Edouard y avait consenti, mais Clarence en fut mécontent.

3. Rot. Pari, vi, 100, 101. C'est ce que dit le continuateur de Y Histoire de Croyland. Parum aut nihil verae domines relictum est, p. 556, 557.

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