‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 518 sur 563 · Rot. Pari, vi · texte numérisé non relu

Rot. Pari, vi

son beau-frère, le désir de punir Louis des secours qu'il avait fournis à la maison de Lancaster, et, par-dessus tout, l'avantage d'occuper dans une guerre étrangère ceux que leurs anciens attachements pourraient porter à cabaler contre son gouvernement, rengagèrent a prêter une oreille favorable à ce projet. Des alliances offensives et défensives furent conclues entre lui et les deux ducs [25 juillet \U7U] ; on régla le partage des futures conquêtes, et les contingents respectifs ainsi que le payement des troupes furent arrêtés a la satisfaction de tous. D'après ces traités, la France devait être divisée en deux états indépendants, dont l'un, comprenant les provinces du nord et de Test, eût appartenu au duc de Bourgogne sans aucune obligation de féauté ni d'hommage; l'autre eût été possédé par Edouard, comme héritier incontestable des anciens monarques*. Le roi trouva la nation disposée à s'embarquer dans cette entreprise romanesque : le clergé , les lords et les communes accordèrent séparément un dixième de leur revenu ; et le parlement, qui, sauf différentes prorogations, continua de siéger pendant deux ans et demi [du 6 oct. 1472 au 24 mars 1475], vota subside sur subside avec une rapidité sans exemple2. Mais le roi, par sa propre adresse, obtint une aide additionnelle. 11 prit le ton d'un mendiant effronté, appela devant lui les plus riches citoyens, et leur demanda à chacun un présent pour subvenir à ses besoins. Aucun n'osa rejeter la prière de son souverain, et des sommes considérables furent ainsi obtenues de la mauvaise honte, des espérances ou des craintes des donateurs. Les monarques précédents avaient emprunté à plusieurs reprises sur leur propre garantie ou sur celle du parlement : Edouard fut le premier qui demanda des présents, et il appela facétieusement « don gratuit (benevolence) » l'argent qu'il avait extorqué». Il est permis do croire que les sommes recueillies de ces différentes sources dépassèrent les trésors amassés par n'importe lequel de ses prédécesseurs ; mais il est évident que son historien n'était pas doué du don de prophétie, lorsqu'il affirmait que jamais on ne les égalerait à l'avenir 4.

1. Rym. xi, 804-814, et Tramer, for New Rym. 75, 76. ï?. Rot. Pari vi, 3-153.

3. Inaudita impositio munerig, ut per benevolentiam quisque daret quod vellet, imô verius quod nollet. Cont. Vroyl. 558.

4. Ad eas sumraas, uuarum suranné neque anteà vis», neque in futurum de verosimiîi simul viderai» sunt. Ibid. Il obtint du lord maire 80 1., de chaque alderiuan 90 marcs, ou au moins 101., et des plus riches particuliers 41. 11 s. 3d., ou * les gages d'un demi-homme pour l'année. » Fab. 664.

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