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CHAPITRE NEUVIÈME

Quoique l'Europe retentit depuis longtemps du bruit de ces préparatifs, pour une raison ou pour une autre, V expédition projetée était remise d'année en année. Edouard, toutefois, profita de ce délai pour s'assurer de l'amitié du roi d'Ecosse. Ses commissaires offrirent une ample indemnité pour tous les dommages éprouvés par les marchands écossais; la longue trêve fut réciproquement confirmée ; un mariage fut conclu [26 oct. 1474] entre le duc de Rothsay, fils aîné de Jacques, et Cécile, seconde fille d'Edouard, et la dot de la princesse fut fixée a vingt mille marcs, payables en dix ans par termes égaux ; mode de payement qui, en rendant le roi d'Ecosse pensionnaire du roi d'Angleterre, rattachait à ses intérêts1. Enfin Edouard partit pour Sandwich. Son armée, composée de quinze cents hommes d'armes et de dix fois ce nombre en archers, fut transportée à Calais [20 juin 1475], et Charles, duc de Bourgogne, fut invité, conformément au traité, à rejoindre le roi avec ses troupes. Mais ce prince, qui avait déjà épuisé ses ressources dans une romanesque et malheureuse expédition en Allemagne, arriva au camp anglais avec une faible escorte [U juillet], et s'excusa de son mieux de ne pouvoir remplir ses engagements. Edouard l'accompagna à Péronne, où son mécontentement fut augmenté par la méfiance avec laquelle Charles exclut les Anglais de la ville. De là on envoya un détachement occuper Saint-Quentin; mais le connétable de Saint-Pol, qui avait été représenté comme un allié, tira dessus du haut des murs. Le roi ne put contenir plus longtemps l'expression de son désappointement, et le duc partit promettant de revenir avant peu à la tête d'une armée nombreuse.

De Sandwich, conformément aux lois de la chevalerie, le roi d'armes avait été envoyé à Louis pour faire la demande formelle de la couronne de France. Le monarque l'écouta avec calme, l'emmena dans son cabinet, témoigna beaucoup d'estime pour le caractère d'Edouard et un sincère désir de vivre amicalement avec un prince aussi illustre ; puis il mit trois cents couronnes dans la main du héraut, et lui en promit mille de plus à la conclusion de la paix. Gagné par sa libéralité et sa confiance apparente, le roi d'armes lui conseilla de s'adresser au lord Howard ou au lord Stanley, ministres qui détestaient la guerre et étaient très-en faveur auprès de leur souverain. Louis le congédia immédiatement, et se prépara à profiter du renseignement51,

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