Corn, iv, c
Tandis qu'Edouard était campé devant Péronne, réfléchissant à la conduite inexplicable du Bourguignon, un héraut français se présenta aux lords Howard et Stanley et demanda à être introduit auprès du roi. Ayant été admis, il assura à Edouard que Louis n'avait jamais nourri la plus légère inimitié contre lui personnellement, et que si, dans une seule occasion, il avait prêté assistance au comte de Warwick , ce n'avait été que par haine pour le duc de Bourgogne; il insinua que l'amitié affichée par Charles était fausse et mensongère; qu'il avait attiré les Anglais on France pour son propre avantage, et qu'il les abandonnerait dès qu'il pourrait obtenir de meilleurs termes ; puis il ajouta qu'avec un peu de condescendance de part et d'autre, il serait aisé à deux princes qui s'estimaient réciproquement d'éviter l'effusion du sang chrétien, et de convenir d'un accommodement également avantageux pour leurs sujets. Edouard, mécontent comme il était, reçut cette ouverture avec plaisir. Il convoqua un conseil d'officiers [13 août], et il y fut résolu que le roi retournerait avec son armée en Angleterre, si Louis consentait à lui payer immédiatement soixante-quinze mille couronnes, a lui en assurer par an cinquante mille de plus, sa vie durant; à conclure une trêve et un traité de commerce entre les deux nations pour sept ans, et à marier son fils aîné à la fille aînée d'Edouard, ou, au cas qu'elle mourût, à sa sœur Marie, qui, à l'âge de puberté, serait conduite en France aux frais de Louis, et recevrait de lui un revenu annuel de soixante mille francs. Les motifs assignés par les membres pour cette résolution sont l'approche de l'hiver, la pauvreté du trésor et la mauvaise foi du duc Charles 1 ; mais il y faut ajouter les présents que Louis distribua parmi les favoris du roi, et la perspective d'un secours d'argent, objet d'une haute importance pour un prince voluptueux et indigent. On nomma de chaque côté des commissaires qui s'abouchèrent dans un village voisin [29 août]. Louis consentit à toutes les demandes, et on convint en outre que Marguerite d'Anjou serait mise en liberté moyennant une rançon de cinquante mille couronnes, et que tous les différends entre les deux rois seraient soumis à quatre arbitres, le cardinal de Canterbury et le duc de Clarence du côté d'Edouard, l'archevêque de Lyon et le comte de Dunois du côté de Louis; lesquels seraient tenus de prononcer leur jugement dans le cours de trois années2. Dès que ces conditions eu-