‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 522 sur 563 · Com. iv, 8. vi · texte numérisé non relu

Com. iv, 8. vi

m HISTOIRE D'ANGLETERRE.

Mais si Edouard était satisfait, l'armée et le peuple ne cachèrent pas leur désappointement. Dans Tune, beaucoup de gens accusèrent l'avarice du roi et menacèrent de la vengeance publique les conseillers qui s'étaient laissés corrompre par Louis ; mais ils furent soigneusement surveillés et sévèrement punis de l'imprudence de leur langage, D'autres, dès que l'armée fut licenciée, formèrent des associations, extorquèrent de l'argent de vive force, et jetèrent plusieurs comtés dans la confusion par des vols et des meurtres réitérés. Pour réprimer ces désordres, le roi ordonna de veiller à la stricte exécution des lois, accompagna les juges dans leurs tournées, et refusa inexorablement de faire grâce à aucun coupable, quels que fussent son rang ou ses services. Mais le mécontentement du peuple était la source de plus vives inquiétudes. Il était évident qu'il ne lui manquait qu'un chef pour diriger ses efforts , et que l'imposition de nouvelles taxes le pousserait infailliblement a l'insurrection. Ce devint donc le grand objet de la politique du roi de pourvoir aux dépenses de sa mai* son et du gouvernement sans ajouter aux charges du peuple. Dans cette vue, il ordonna aux officiers des douanes d'exiger rigoureusement les droits ; il extorqua de fréquents dixièmes du clergé, leva de grosses sommes pour la restitution du temporel des abbayes et évôchés, reprit la plupart des concessions récemment faites par la couronne, et força les tenanciers qui avaient omis quelqu'une des nombreuses minuties des tenures féodales de composer paV de fortes amendes pour les rentes qu'ils avaient reçues jusqu'ici. Il ne dédaigna pas non plus les secours qu'il pouvait tirer des entreprises commerciales. Les vaisseaux d'Edouard étaient chargés tous les ans d'étain, de laine et de toile, et les marchandises du roi d'Angleterre étaient publiquement exposées en vente dans les ports d'Italie et de Grèce. En peu de temps il devint riche : quoique des individus eussent a se plaindre, la nation était satisfaite, et on s'attacha insensiblement à un prince qui savait maintenir la splendeur du trône sans faire d'appel général à la bourse de ses sujets l.

Avant peu, toutefois, un événement vint empoisonner le reste des jours du roi. Son frère Clarence avait été privé de plusieurs domaines par l'acte de reprise, et il paraît qu'il considérait cette perte comme une agression injustifiable. Il se retira de la cour; il ne consentait que rarement à manger à la table du roi, et au

1. Nous sommes redevables de ces intéressants détails à l'historien de Croyland, p. 559.

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