‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 523 sur 563 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

conseil gardait le plus obstiné silence. Sa femme, après la nais* sancé de leur troisième enfant , tomba dans un état de débilité qui au bout de deux mois la mit au tombeau [22 déc] ; et Ankaret Twynhyo, Tune de ses femmes, fut jugée, condamnée et exécutée, comme coupable d'avoir administré du poison à la duchesse 1 [6 janvier 1477]. 11 advint que, vers la môme époque, le duc de Bourgogne périt au siège de Nancy, et ses immenses possessions échurent à Marie, son unique fille et héritière. Clarence la demanda eu mariage ; sa recherche fut secondée de toute l'influence de sa soeur, belle-mère de Marie, et on pense qu'il eût réussi sans l'opposition décidée d'Edouard. Le roi se méfiait trop de l'ambition d'un frère qui pourrait employer la puissance de la Bourgogne a conquérir la couronne d'Angleterre, et il craignait trop d'encourir l'inimitié de Louis, qui déjà B'était emparé d'une portion considérable de l'héritage de Marie. De ce moment les deux frères se considérèrent comme ennemis, et conservèrent à peine dans leurs relations les formes extérieures du décorum. Tandis qu'ils étaient ainsi irrités l'un contre l'autre, soit l'effet du hasard, soit un acheminement à la perte de Clarence, Stacey, un de ses serviteurs, fut accusé de pratiquer l'art de la magie, et de faire fondre certaines images de plomb pour hâter la mort du lord Beauchamp. Mis a la torture, il nomma comme son complice Thomas Burdett, gentilhomme de la maison du duc. Ils furent traduits ensemble devant les juges et la plupart des pairs temporels, furent accusés d'avoir dressé les horoscopes du roi et du prince, et fait courir certains vers et ballades d'une tendance séditieuse, et, après un court procès, ils furent condamnés et exécutés. Sur l'échafaud, ils protestèrent tous deux contre leur arrêt; Clarence se déclara immédiatement le champion de leur innocence, et le lendemain le docteur Godard, théologien éminent, fut introduit par lui dans la chambre du conseil pour déposer leurs déclarations de mort* Quand ces particularités, exagérées peut-être par d'officieux amis , eurent été communiquées à Edouard, il accourut de Windsor à Londres, fit venir le duc, lui reprocha d'insulter à l'administration de la justice, et, en présence du maire et des shériffs, l'envoya à la Tour2.

Un parlement fut alors convoqué, et l'infortuné Clarence parut à la barre de la chambre des lords sous l'accusation de haute

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