Bot. Pari, vi
2. Cont. Croyl. 561, 668, comparé à l'acte d'accusation dans Howell's State Triah, m, 364. #
m HISTOIRE D'ANGLETERRE.
trahison [16 janvier 1478]. Pas un des pairs n'osa parler en sa faveur : le roi produisit ses témoins et dirigea la poursuite. Il décrivit la tendre affection qu'il avait portée jadis à son frère, et les grandes possessions dont il l'avait enrichi. Cependant ce prince ingrat s'était tourné contre son bienfaiteur; il s'était ligué avec ses ennemis, Pavait privé de sa liberté, et, durant son exil, avait conspiré pour le détrôner. Tout ceci avait été pardonné ; mais quelle en avait été la récompense? Clarence avait de nouveau formé le projet de le dépouiller lui et ses descendants. A cet effet, il avait chargé ses serviteurs de donner des fêtes publiques, pendant lesquelles ils insinuaient que Burdett était innocent du crime pour lequel il avait subi la mort ; que le roi lui-môme était magicien, et par là indigne de gouverner un peuple chrétien, et, qui plus est, était bâtard, et conséquemment sans aucun droit a la couronne. De plus, Clarence avait fait jurer à plusieurs personnes qu'elles lui seraient fidèles sans aucune réserve de l'allégeance due à leur souverain ; avait déclaré qu'il recouvrerait, tant pour lui-môme que pour elles, les terres qu'ils avaient perdues par l'acte de reprise; s'était procuré et conservait une copie certifiée de l'acte qui le déclarait le plus proche héritier de la couronne après la descendance mâle de Henri VI ; avait envoyé a tous ses vassaux Tordre de se tenir prêts à le rejoindre en armes sur l'heure, et avait tâché de substituer l'enfant d'une autre personne à son propre fils , afin d'envoyer ce dernier hors du royaume, comme si sa vie était menacée par l'inimitié de son oncle1. Il nous est impossible de déterminer jusqu'à quel point ces charges contre Clarence étaient vraies, et s'il ne s'était pas borné à prendre des précautions contre la malignité de ses ennemis ; car, bien que nous sachions qu'il répondit avec chaleur et âpreté, sa réponse n'a pas été conservée. Les pairs furent persuadés par les arguments du royai accusateur : ils reconnurent Clarence coupable; et le duc de Buckingham, qui avait été nommé grand sénéchal pour la circonstance, prononça contre lui la sentence de mort2 [7 février]. Bientôt après, on rendit un acte qui cassait le jugement d'Ankaret, et les communes demandèrent au roi que justice fût faite de son frère3. Mais Edouard désapprouva
1. Voyez le long et étudié bill de condamnation dans Rot. Pari, vi, 193, lî>4. Ibid. 1»5.
3. Ibid. 173. A la même époque, George Nevïlle, fils du marquis Montague, qui avait été créé duc de Bedtord, fut privé de son titre sous prétexte qu'il m avait pas un revenu suffisant pour le souteiyr. Ibid. Et on rendit un acte