‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 534 sur 563 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

mais sa méfiance fut endormie par lord Hastings, qui assurait s'être ménagé les services d'un agent de confiance qui l'instruisait des desseins les plus secrets de Gloucester. La suite permet de croire que cet agent de confiance le trompait et le trahissait. On convoqua quarante-huit lords et gentilshommes, à l'effet de recevoir la chevalerie avant le couronnement du jeune roi, mesure imaginée par le protecteur pour les leurrer; car trois jours après, il expédia l'ordre à ses troupes dans le nord de venir en toute hâte a Londres le protéger contre les sanglants projets de la reine et de ses parents; et peu après, entrant à la Tour dans la chambre du conseil, il resta d'abord debout en silence, fronçant les sourcils ; puis en réponse à une remarque de lord Hastings, il l'appela traître, et frappa la table du poing. Une voix à la porte s'écria « trahison, » et une troupe de bandits s' élançant dans la salle, arrêta Hastings, Stanley et les deux prélats d'York et d'Ely. Les trois derniers furent conduits dans des prisons séparées ; Hastings fut averti de se préparer à son exécution immédiate. Ce fut en vain qu'il en demanda la cause. L'ordre du protecteur n'admettait aucun délai ; le premier prêtre qui se présenta reçut sa confession; et une pièce de charpente qui se trouvait par hasard sur la pelouse à la porte de la chapelle, servit de billot pour le décapiter [13 juin]. Dans l'après-midi on publia une proclamation, annonçant que Hastings et ses amis avaient comploté de mettre a mort les ducs de Gloucester et de Buckingham, qui n'avaient échappé que par miracle au piège qui leur était tendu

Le même jour (et il faut faire attention à la date), Ratcliffe, un des partisans les plus hardis du protecteur, à la tête d'une troupe nombreuse d'hommes armés, entra dans le château de Pontefract, et se rendit maître de lord Grey, de sir Thomas Vaughan et de sir Richard Hawse. On annonça aux spectateurs qu'ils étaient coupables de trahison ; mais on n'observa aucune forme judiciaire; et les têtes des victimes furent abattues en présence de la multitude2. Deux jours après [15 juin], une lettre du duc fut remise

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