‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 535 sur 563 · Cont. Croyl. 566. More, 53, 54. Polydor · texte numérisé non relu

Cont. Croyl. 566. More, 53, 54. Polydor

2. Cont. Croyl. 567. More affirme à plusieurs reprises que ces meurtres eurent lieu le même jour que celui de lord Hastings. Gela peut être vrai des autres, mais cela n'est point exact quant à lord Ri vers, qui fut bien mis à mort à Pontefract, mais quelques jours plus tard, et par l'ordre du comte de Northumberland. (Rouse, 214.) Nous avons son testament daté deShériffHutton, 23 juin: acte long et élaboré, composé probablement avec l'appréhension du sort qui l'attendait, mais sans en avoir une connaissance certaine. S'il meurt au delà de la Trent, il ordonne que son corps soit enterré devant Notre-Dame dePew, à côté du collège

par Ratcliffe au maire et aux citoyens d'York, pour les informer des desseins perfides imputés a Elisabeth et aux Wydevile ; et quatre jours plus tard [19], on publia dans les comtés du nord des proclamations commandant à tous hommes « de se lever et de venir a Londres sous les ordres du comte de Northumberland et du lord Neville, pour aider à soumettre, corriger et punir la reine, son sang et ses autres adhérents, qui avaient l'intention d'assassiner et de détruire le protecteur et son cousin le duc de Buckingham, et le vieux sang royal du royaume »

Les habitants de Londres n'étaient pas encore instruits de ce qui se passait dans le nord ; mais le meurtre de Hastings et l'arrestation de Stanley et des deux prélats avaient délivré Richard de toute appréhension de la part de ceux qui étaient le plus attachés à la famille du feu roi. De ses deux fils, l'aîné était détenu à la Tour; le cadet était encore au sanctuaire sous les yeux d'Elisabeth. Le protecteur résolut de l'avoir aussi à sa disposition ; et avant que la terreur causée par la dernière exécution s'affaiblît, il se rendit à Westminster dans sa barge, accompagné de plusieurs seigneurs et prélats, et suivi d'un corps nombreux d'hommes armés [16 juin]. Il n'y a pas de doute qu'il comptait employer la force, si la force devenait nécessaire; mais il se détermina h essayer d'abord l'influence de la persuasion, et ordonna à une députation de lords, le cardinal de Canturbery h leur tête, d'entrer et de demander le jeune prince à sa mère. Les arguments ingénieux que sir Thomas More a attribués au prélat, et les réponses touchantes qu'il a mises dans la bouche de la reine, sont probablement de l'invention de cet écrivain 2 : une meilleure autorité nous assure qu'Elisabeth, convaincue de l'inutilité de la résistance, feignit

de Saint-Stcphen à Westminster : autrement que son cœur y soit porté et enterré. Mais à la fin du testament, immédiatement après les noms des témoins, on rencontre ce passage touchant et significatif : « Ma volonté est maintenant d'être enterré devant une image de notre bien heureuse dame Marie avec my lord Richard, à Pomfrete ; et que Jésus ait merci de mon âme , etc. » Il est* clair que res mots furent ajoutés par lui après qu'il eut reçu l'avis de son exécution prochaine, et dans un moment où la hâte ou la perturbation d'esprit l'empêcha de finir ce qu'il voulait écrire. L'ordre de l'enterrer avec « le lord Richard (Grcyj > montre que ce seigneur avait déjà été mis à mort, et fut enterré dans l'église de Pontcfract. Voyez le testament, Excerpt. Histor. p. 246.

1. Voyez les originaux dans ÏEboracum de Drake, 115.11 est à remarquer que le 8, Richard écrivit aux citoyens d'York une lettre de cajoleries, promettant de les récompenser de leur constant attachement pour lui; et deux jours après, le 10. muis trois jours avant les meurtres de la Tour et de Pontefract, il écrivit de nouveau pour les informer des complots formés contre lui par la reine et ses amis. Ut lettre fut cinq jours en route, et fut remise par Ratcliffe au maire.

iî. More, 18-51.

CHANTUE DIXIÈME. 013

d'acquiescer avec joie h la demande. Elle appela son fils, lui donna a la hâte un dernier baiser, et, se détournant, elle fondit en larmes. L'innocente victime fut conduite en grande pompe à la Tour; et tandis que la mère s'abandonnait aux sombres pressentiments de son cœur, les fils jouissaient du bonheur d'être réunis, soupçonnant peu la fourberie et la cruauté de leur oncle dénaturé 1.

Les partisans du protecteur s'occupèrent alors à faire courir les bruits les plus étranges et les plus incroyables. Les uns faisaient revivre le conte inventé primitivement par Clarence, que le feu roi, quoique réputé fils du duc d'York, était en réalité le fruit d'un commerce adultère entre sa mère Cécile et un chevalier au service de son mari. Les autres, en plus grand nombre, affectaient de jeter des doutes sur la validité de son mariage avec Elisabeth, et par conséquent sur la légitimité des enfants qu'il en avait eus. Pour aider à ces impressions, le protecteur joua un nouveau rôle, celui de défenseur et de vengeur de la morale publique. Parmi Jes femmes mariées qui étaient connues pour avoir cédé aux désirs coupables d'Edouard, était Jane, femme de Shore, jeune et opulent citoyen. Dès que sa séduction était devenue publique, elle avait été abandonnée par son mari; et malgré Tinconstance de son amant, elle avait réussi a conserver la principale place dans l'affection du roi jusqu'à ce qu'il mourût. Cette femme, dont le mari n'était plus, fut celle que Richard choisit pour faire un exemple. Il s'appropria fort sagement son argenterie et ses bijoux, dont la valeur était de trois mille marcs [18 juin], et il la livra elle-même à la cour ecclésiastique pour être punie conformément aux canons. En camisole, les pieds nus, un cierge allumé à la main et précédée de la croix, Shore fut forcée de parcourir les rues de la capitale, qui étaient garnies d'un immense concours de peuple 2. 11 est évident que sa pénitence ne pouvait porter atteinte au titre des enfants d'Edouard; mais elle servait à appeler l'attention du public sur la conduite dissolue de ce monarque, et à prépareras esprits à la scène merveilleuse qu'on allait représenter.

En ce moment, les hommes du feu lord Hastings et un corps

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