CHAPITRE ONZIÈME. bS
mistice entre les deux nations prépara la voie a des relations plus fréquentes ; le roi leva un corps de mille archers pour le service de son nouvel ami, et un noir complot fut tramé pour s'emparer de Henri et de ses principaux adhérents1. Ils eussent été pris dans les filets de leur rusé adversaire , s'ils n'eussent été avertis du danger, et n'eussent trouvé un nouvel et plus sûr asile dans les états de Charles VIII, roi de France, où ils employèrent plus d'une année à faire de nouveaux préparatifs pour leur expédition projetée.
Durant cet intervalle, Richard mit fin aux longues et meurtrières hostilités qui régnaient entre les Ecossais et ses sujets. Le duc d'Albany et le comte Douglas avaient reçu de lui la même protection qu'avait reçue autrefois son frère ; mais il était trop occupé de ses affaires pour leur prêter une assistance efficace, et leurs efforts se bornaient a quelques incursions par terre et à des pirateries sur mer. Cette année, durant l'été , ils avaient essayé de surprendre les marchands à la foire de Lochmaben ; mais ils avaient été repoussés avec une perte considérable , et Douglas avait été pris avec plusieurs de ses compagnons anglais. Ce revers toutefois fut plus que compensé par les succès des croiseurs anglais contre le commerce d'Ecosse ; et à la sollicitation de Jacques un armistice de trois années et une alliance cimentée par un mariage entre les familles royales des deux royaumes furent conclus a Nottingham [21 sept.]. Richard, il est vrai, après la mort de son fils, était sans enfants légitimes; mais il avait déclaré Jean, comte de Lincoln, et fils de sa sœur la duchesse de Suffolk, héritier présomptif de la couronne, et il fiança la sœur de ce jeune prince , Anne de la Pôle, au fils aîné du roi d'Ecosse. Il fut stipulé mutuellement que le mariage aurait lieu dès que les parties seraient arrivées h l'âge de puberté 2.
A Noël, le roi tint sa cour dans le palais de Westminster. Soit par politique, soit par goût, il afficha une magnificence extraordinaire : les vacances se passèrent en festins, bals et amusements; et on remarqua avec surprise que partout sa nièce Elisabeth portait des robes exactement semblables à celles de la reine. Avant qu'on pût découvrir la cause de cette combinaison inusitée, cette