‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 59 sur 563 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

nal, tous les profits et émoluments revenaient à ceux h qui le vendeur ou donateur l'avait originairement destinée1.

Il avait fallu treize ans à Edouard pour forger les chaînes de l'Ecosse : en moins de six mois elle redevint libre. Pour comprendre cette importante révolution , nous devons nous occuper des deux maisons rivales de Bruce et de Baliol. Baliol était mort ; et avant son décès il avait plus d'une fois renoncé pour lui-même et pour sa postérité à tous ses droits a la couronne. Comme la renonciation avait été faite en état de captivité, et était le résultat de la contrainte, les Ecossais n'en auraient probablement pas tenu compte ; mais son fils unique était prisonnier à la Tour de Londres, et le soin de défendre les droits de la famille revenait au plus proche héritier, John Comyn de Badenoch, lilsde Marjory, sœur de Baliol, seigneur qui s'était déjà distingué par ses efforts pour rendre Pindépendancc à son pays. Depuis la funeste bataille de Falkirk jusqu'à la dernière expédition d'Edouard, il avait dirigé comme régenl les conseils de l'Ecosse. Il était depuis longlemps pour le roi d'Angleterre un objet de méfiance particulière * à la dernière pacification , une sentence de bannissement temporaire avait été prononcée contre lui; et, quoique cette sentence eût été rapportée, il n'en avait pas moins été condamné h une amende qui s'élevait à trô*is années de son revenu.

Les prétentions de Robert Bruce, l'ancien compétiteur, avaient passé à son petit-tils, portant le môme nom et Agé d'environ > ingt-trois ans. Les Bruce, animés d'un esprit d'opposition contre 1rs Baliol, avaient jusqu'alors fait peu pour leur pays. Le grandpère avait été le premier a reconnaître la suprématie du roi d'Angleterre . le fils, quand Baliol tira l'épée de l'indépendance, ^empressa de rejoindre les bannières d'Edouard , et le petit-fils, incapable de discerner son véritable intérêt, avait continuellement oscillé entre les deux partis. Toutes les fois qu'un léger succès ranimait les espérances des patriotes , il se convertissait volontairement h leur sainte cause; à rapproche d'Edouard, l'apostat était toujours impatient de faire sa paix avec le vainqueur, et de racheter sa déloyauté passée par de nouveaux services. En ce moment, il jouissait de la faveur et de la confiance de ce prince, qui l'avait consulté sur la dernière organisation de l'Ecosse, et lui avait remis le payement du relief dû pour les terres que son père avait tenues en Angleterre.

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